L’Italie de Mediaset

Le 12 Novembre 2011 Silvio Berlusconi démissionne de son poste de président du conseil des ministres Italien. Cette démission ne devrait pas arranger la santé économique de son groupe Mediaset.

Mediaset est le groupe media leader sur le marché Italien. Par ce biais, Silvio Berlusconi et sa famille contrôlent tout un archipel d’entreprises dans le domaine de la télévision, de la presse, de la production audiovisuelle et les nouveaux medias. Ainsi, lors de ses fonctions à la tête de l’Italie, Berlusconi a pu exercer un certain pouvoir médiatique, notamment grâce à la presse et surtout les chaînes hertziennes majeures: Canale 5, Italia 1, Rete 4.

Cependant, la valeur boursière de Mediaset est en baisse continue ces dernières années. Les Actions du groupe ont perdu 83,32% de leur valeur depuis 2006. La perte de confiance du marché  n’a pu être évitée par Berlusconi lors de sa présidence et ce, malgré ses interventions législatives et mesures gouvernementales pour faire prévaloir son empire médiatique.

A titre d’exemple, la Rai (télévision publique Italienne) représente en moyenne 36% des parts d’audience télévisuelles en Italie. Cependant, son accès au marché publicitaire fut réduit à seulement 20% des parts du marché par le gouvernement de Berlusconi. Cette procédure laisse ainsi l’avantage aux chaînes de Mediaset qui pour une part d’audience similaire (32%) engloutissent 49% du marché publicitaire. Il semble aussi que la présidence de Berlusconi ait quelque peu épargné son groupe de véritables enquêtes judiciaires, notamment lors de l’affaire Mediaset en 2005 où Berlusconi fut accusé de faux bilan, abus de biens sociaux et fraude fiscale.

La perte de valeur en bourse du groupe Mediaset s’est accélérée en 2011, avec une chute de 31% du prix des actions entre Janvier et Octobre. De nombreux actionnaires bradaient déjà leurs actions quelques semaines avant que Berlusconi n’annonce sa démission.

Berlusconi cède son pouvoir. Ce n’est peut être pas la fin de son empire médiatique mais sûrement la fin d’un certain favoritisme politique que lui concédait sa présidence au conseil des ministres. Du changement est à prévoir suite à l’arrivée de Mario Monti à la tête de l’Italie ; du changement pour l’Italie et ses médias.

– Paul Bouchard