Archives de la promotion 2018-2019
- jeannebabikian
- 23 juin 2019
- 62 min de lecture
Rentrée de la promotion 2019
20 Juillet 2018
Alors que les étudiants de la promotion 2018 sont en pleine immersion professionnelle à travers leur stage de fin d’études, synonyme de la fin de leur cursus au sein du master DMC, la nouvelle promotion a été sélectionnée.
Dès lors, la rentrée de la promotion 2019 se prépare activement en attendant la date de la rentrée, le 5 septembre 2019.
Pour vous lectures d’été, n’oubliez pas le replay de l’année des médias 2017, toujours disponible en téléchargement ici.
Simon Rey, agent artistique chez Film Talents
17 septembre 2018
Dès la rentrée, le master DMC a eu la chance d’accueillir son tout premier intervenant, Monsieur Simon Rey, agent artistique chez Film Talents.
Cette rencontre a été l’occasion de découvrir un métier peu connu mais passionnant, et d’aborder de nombreux sujets inhérents au monde de l’audiovisuel. Riche de ses huit ans d’expérience en tant que représentant de talents (scénaristes et réalisateurs), Simon Rey nous a parlé des différents auteurs de films et de séries, de leurs droits, de leurs prérogatives et des rapports – parfois conflictuels – qu’ils entretenaient entre eux.
Si ses études au sein de l’ESCP Europe le destinaient à une carrière commerciale, Simon Rey s’est néanmoins dirigé très tôt vers le cinéma. En parallèle de son master, il a obtenu une licence de cinéma à la Sorbonne Nouvelle et a achevé ses études avec une formation à la FEMIS en production, distribution et ventes internationales. Il a fait ses débuts chez Canal +, en 2005, où il est resté durant un an. En 2010, après des activités commerciales et entrepreneuriales, il est finalement revenu à l’audiovisuel en intégrant l’équipe de Film Talents.

Cette agence artistique, vieille de près de 15 ans, a été fondée par Lionel Amant et Valery Guibal. Les talents qu’elle regroupe comptent de grands noms du cinéma français contemporain parmi lesquels François Ozon, Nicolas Vanier, Jérémie Renier, Alexandre Astier…
Simon Rey, quant à lui, représente de nombreux artistes du cinéma et de la télévision tels que Benjamin Dupas (Vernon Subutex, Dix pour cent), Hubert Charuel (Petit Paysan) ou Yann Gonzalez (Les Rencontres d’après minuit, Un Couteau dans le cœur).
Nous aurons le plaisir de le recevoir une seconde fois, dans quelques mois, afin de prolonger nos échanges sur l’ensemble des thématiques abordées.
Crédit Photo : © Chloé Guilhem
Revue de presse : Du 13 au 20 septembre 2018
La directive droit d’auteur adoptée à Strasbourg
Ce 12 septembre la directive droit d’auteur a été adoptée par le Parlement européen à Strasbourg. Elle régule, entre autre, les rétributions financières versées par les éditeurs de contenu internet (les GAFAM) aux éditeurs de presse et aux créateurs de contenu. La directive doit cependant encore obtenir l’aval de la Commission et des États membres pour être définitivement adoptée. Ces délibérations ont été l’occasion de forts lobbyings de la part des plateformes, rejointes paradoxalement par les défenseurs de la liberté sur le web (esprit fondateur d’internet), mais également des défenseurs des auteurs et du droit de la propriété intellectuelle. Les articles 11 (qui prévoit un droit voisin au droit d’auteur) et 13 (qui prévoit un filtrage des contenus s’ils sont mis en ligne sans l’accord des éditeurs de presse) font toujours polémique, et tous les États ne sont pas encore d’accords sur les applications concrète de la directive étant donné les intérêts de chacun (comme l’Allemagne ou l’Irlande).?
La salle de cinéma se porte bien en France
Si l’inquiétude planait, surtout au niveau des distributeurs, des exploitants de salles et des producteurs, le CNC ce 18 septembre a publié une étude statistique sur la géographie du cinéma montrant que le parc de salles en France reste leader en Europe. Avec une constante augmentation des salles et des écrans, la consommation traditionnelle perdure avec 38,8 millions d’entrées supplémentaires qu’en 1998. Malgré l’expansion de la pratique du streaming, ce rapport nous indique donc un bilan positif.
France Télévision arrête de vendre ses séries à Netflix
La présidente de France Télévision, Delphine Ernotte déclarait dimanche sur Europe 1 que son groupe cesserait de vendre ses séries à la plateforme Netflix. Le replay de ces contenus sera ainsi réservé à la plateforme Salto, mise en place en collaboration avec TF1 et M6 (dont la date de lancement n’est pas encore connue). Si dans un premier temps cette vente de droit à Netflix permettait un revenu supplémentaire pour France Télévision, il est dorénavant question de penser à plus long terme en misant sur une plateforme forte au contenu préservé et exclusif pour s’introduire durablement sur le marché de la SVOD.
Ligue des champions : la machine Altice s’enraye
Altice avait racheté, au printemps 2017, l’exclusivité des droits de diffusion de la Ligue des Champions pour 1 milliard et ce jusqu’en 2020. Néanmoins, ce dernier, ayant perdu beaucoup en cotation boursière depuis, se trouve dans une situation d’un potentiel achat à perte (pour rappel, Canal+, BeIn Sport et W9 détenaient les droits pour seulement 165 millions par an, soit 2 fois et demi de moins que le prix actuel). C’est pourquoi tout juste trois heures avant le premier match (PSG-Liverpool) Altice trouvait un accord avec Canal + pour sa diffusion satellite. Le groupe est toujours en discussion avec d’autres diffuseurs, ce qui pourrait leur permettre de s’en sortir et d’éviter les débordements techniques comme celui du 18 au soir et des matchs qui ont suivi, privant de nombreux usagers de la diffusion sur internet.
70ème cérémonie des Emmy Awards
La cérémonie avait lieu lundi soir dernier et a permis presque une année après le lancement de #MeToo d’avancer et de perpétuer le combat en offrant une soirée “inclusive”. En effet, Mme Maisel, femme Fabuleuse a remporté 4 victoires faisant écho au discours introductif du présentateur qui se questionnait ironiquement sur le pouvoir comique des femmes. Cependant, on notera que cette cérémonie est pour la 7ème fois consécutive présentée par deux hommes et qu’ainsi cette parité peut être questionnée, notamment à travers un passage du préambule affirmant que « on l’a résolu » (sous-entendu le problème soulevé par la campagne #MeToo).
Cette cérémonie a également affirmé la place prégnante des plateformes dans le paysage télévisuel puisque le résultat total des prix est égalitaire entre HBO (une chaine payante) et Netflix (une plateforme SVOD).
Hommage à Marceline Loridan
Décédée le 18 septembre, cette grande dame du cinéma, ancienne compagne d’infortune de Simone Veil est représentative du patrimoine cinématographique et de l’Histoire française. L’information était à la Une de tous les journaux spécialisés, reprenant avec nostalgie la liste de ses apparitions sur le grand écran. On a ainsi pu la voir dans Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin, mais elle fut aussi réalisatrice et collabora à plusieurs publications.
Par Héloïse Janeau et Agathe Auger.
24 septembre 2018
Rencontre : Florent Dumont, directeur des études et du marketing chez France Télévisions

Crédit Photo : © Chloé Guilhem
Mercredi 19 septembre, Lorenzo Benedetti a accueilli les étudiants du master DMC dans les locaux de Canal+. Au programme : visite des bureaux du Studio Bagel, des plateaux de tournage et surtout rencontre avec Florent Dumont, directeur des études et du marketing antenne à France Télévisions.
Diplômé d’HEC et détenteur d’un DESS en Droit et administration de la communication audiovisuelle, M. Dumont a d’abord travaillé 5 ans à France 2 en tant que chargé d’études. Il se tourne ensuite vers le groupe de salles UGC et y officie en tant que responsable des études pendant plus de deux ans. En mai 2012, il revient pourtant à son premier amour : le service public, tout d’abord au poste de directeur adjoint des études et du marketing antennes, puis à celui de directeur du service.
Ce mercredi il a ainsi pu échanger avec les étudiants sur son travail et les enjeux auxquels est confronté le service public face aux mutations de l’ère numérique. Florent Dumont a ainsi détaillé les différentes évolutions vécues par France Télévisions depuis qu’il y travaille et les modifications du milieu de l’audiovisuel français – l’apparition d’un vaste catalogue de chaînes, l’utilisation toujours plus croissante des réseaux sociaux, le changement des usages, et plus encore. Ce fut également l’occasion de discuter de projets comme Slash ou Salto, qui s’insèrent sur le terrain contemporain qu’est le digital, et s’adaptent aux nouveaux modèles de consommation.
Cette rencontre a permis un dialogue très fertile avec Florent Dumont, qui a répondu avec plaisir à nos questions tout en dressant un portrait panoramique de la télévision publique aujourd’hui en France.
Les étudiants tiennent à remercier Lorenzo Benedetti pour son accueil chaleureux mais surtout Florent Dumont, pour son avis éclairé et éclairant.
1er octobre 2018
Revue de presse : Du 20 au 27 septembre 2018
La douleur d’Emmanuel Finkiel représentera la France pour l’Oscar du meilleur film étranger
Le 21 septembre dernier, le comité de sélection a eu la lourde charge de choisir le film qui succédera à 120 battements par minute de Robin Campillo dans la course aux Oscars. Face à Mademoiselle de Jonquières d’Emmanuel Mouret, Climax de Gaspar Noé, Jusqu’à la garde de Xavier Legrand et Les Quatre Soeurs de feu Claude Lanzmann, c’est le film d’Emmanuel Finkiel, La douleur qui a été plébiscité. Un choix qui aura beaucoup de difficultés à se mesurer à des mastodontes tels que la caméra d’or Girl de Lukas Dhont en lice pour la Belgique, Roma d’Alfonso Cuaron auréolé du Lion d’or pour le Mexique et surtout face à la Palme d’or Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda pour le Japon.
Annonce de la ministre de la culture d’un plan en faveur de l’égalité hommes-femmes dans le cinéma français.
Une session d’assises sur la création d’un plan en faveur de la parité, la diversité et l’égalité femmes-hommes dans le cinéma a eu lieu au siège du CNC du 18 au 20 septembre. Françoise Nyssen a clôturé les débats en annonçant une première série de mesures concrètes applicables à partir de 2019. Elles tournent autour de six axes majeurs : la formation, l’égalité salariale, la prévention du harcèlement, l’accès aux postes de direction, la lutte contre les stéréotypes et la promotion de la parité par la régulation. Parmi ces mesures, une a plus retenu l’attention que les autres et a fait débat : celle d’expérimenter un bonus de 15% qui s’adressera aux films qui possédera le plus de femmes dans les postes postes clés. Les productions seront jugées sur un barème de huit points et le bonus sera ouvert dès lors que l’équipe technique totalisera au moins 4 points. Il est vrai que le cinéma est capable d’être un vecteur de valeurs, de communication et de normes. Le bonus a d’ailleurs vocation à disparaître « lorsque la parité sera installée ». Sans savoir si ce bonus va être une révolution, en tout cas il s’agit là d’une innovation, d’un premier pas vers du changement et c’est un système qui a pu marcher pour d’autres pays tels que la Suède et l’Espagne.
Le budget de France Télévisions revu à la baisse
Lundi 24 septembre, Françoise Nyssen a présenté le budget de la culture culture pour 2019 notamment celui de l’audiovisuel public (comprenant désormais France Télévisions et Radio France) : au programme une réforme du système tout en diminuant de façon drastique les coûts dans le respect de la loi des finances 2018. Le groupe connaît une baisse de 1 % pour 2019 soit 36 millions d’euros de moins que l’année dernière. Le montant des économies est attendu à hauteur de 190 millions d’euros soit 160 millions pour France Télévision et 20 millions pour Radio France. Les financements proviendront en particulier de la redevance qui, restant inchangée, permettra aux recettes d’augmenter encore plus. Il s’agit d’un “effort exigeant mais réaliste” selon la ministre.
Comcast l’emporte face à la Fox pour s’emparer de Sky
Samedi 22 septembre, les deux groupes audiovisuels américains 21st Century Fox et le groupe Comcast étaient en compétition pour l’acquisition de l’opérateur britannique de télévision payante Sky. Cet achat s’est décidé suivant une procédure rare : une vente aux enchères. Les deux potentiels acheteurs se sont livrés une vraie guerre médiatique et financière depuis près de deux ans et c’est Comcast qui a remporté les enchères organisées par le régulateur britannique des fusions et acquisitions. En mettant la main sur le groupe de télévision britannique, Comcast a pour objectif de produire et diffuser plus de contenus originaux et ainsi essayer de pénétrer un marché de plus en plus concentré.
Les fondateurs d’Instagram claquent la porte du groupe Facebook
Lundi dernier, les fondateurs et dirigeants d’Instagram, Kevin Systrom et Mike Krieger, ont démissionné du groupe Facebook qui avait acheté le réseau social en 2012. En effet, Kevin Systrom et Mike Krieger auraient eu du mal à accepter la perte d’indépendance vis-à-vis de Facebook, auquel ils souhaitaient qu’Instagram y soit le moins lié possible. Facebook va donc devoir gérer une nouvelle crise au sein du groupe depuis le départ des fondateurs de Whatsapp en avril dernier après le scandale auquel la multinationale a dû faire face il y a quelque mois. Le médium mère en déclin et l’image de l’entreprise ternie par les scandales et autres départs (pas moins de huit depuis le début de l’année), pourrait être le signe d’une légère fragilisation du système. Et-ce que Facebook sera amené à disparaître ? Avec pas moins de 1 milliard et demi de personnes par jour, il est certain que Facebook a encore de beaux jours devant lui. Il va cependant devoir compenser et surtout se dépasser sans les têtes pensantes des plateformes phares.
Apple rachète Shazam et supprime les publicités
Apple a officiellement finalisé l’acquisition de Shazam et dans la foulée a aussi annoncé sa volonté de supprimer la publicité de l’application « pour que tout le monde puisse profiter de Shazam sans interruption ». L’entente entre Shazam et Apple date de l’ouverture de l’App Store, puisque Shazam avait été intégré à Siri, ce qui l’avait propulsé au rang de 5ème application la plus téléchargée au monde. Pas moins de 400 000 morceaux sont achetés quotidiennement via ce service, qui redirigeait déjà les utilisateurs d’abord vers Apple Music en premier lieu, et ce avant le rachat par la multinationale. La disparition de la publicité ne devrait pas être un frein pour Apple, Shazam étant la pièce manquante de son écosystème musical. De même, l’entreprise américaine préfère sûrement bannir la publicité au plus vite pour ne pas ternir l’expérience utilisateur de son service et surtout pour favoriser une utilisation massive en séduisant de nouveaux clients tout en séduisant ceux de ses concurrents.
Par Hélène Le Calvez et Lucie Bernard
2 octobre 2018
[Rencontre] Antonio Grigolini, directeur numérique des chaînes et des programmes à France Télévisions

Ce jeudi 27 septembre dans le cadre du cours de Lorenzo Benedetti, les étudiants du master ont accueilli Antonio Grigolini. Il est le directeur numérique des chaînes et des programmes à France Télévisions et a jusqu’à maintenant effectué toute sa carrière au sein du groupe.
Après des études en Italie, et deux échanges avec Sciences Po, Antonio Grigolini intègre France Télévisions suite à son stage. Il commence par les études où il s’occupe des audiences, puis il bascule à la stratégie. Lors de l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante, Antonio saisit le train en marche et embarque dès 2012 dans l’aventure des chaînes et programmes numériques. Le groupe public lance plusieurs projets, dont francetv zoom, mais aujourd’hui le trentenaire italien s’occupe exclusivement de Slash, une plateforme qui se destine aux 18-30 ans et diffuse sur internet des contenus originaux.
La rencontre de ce jeudi a suscité beaucoup de discussions, et l’intervenant s’est prêté au jeu avec enthousiasme. Il a livré aux étudiants son opinion et son expérience sur les enjeux actuels de l’audiovisuel et notamment l’audiovisuel public. Ainsi, il déclarait qu’aujourd’hui il s’agissait avant tout de « composer avec l’incertitude ». Le numérique était en effet, à son origine, quelque chose qui avait sa vie propre, mais qui s’évertue depuis à révolutionner les usages en s’intégrant à tous les niveaux dans les médias traditionnels. L’enjeu majeur pour France Télévisions et d’autres producteurs de contenu est de maîtriser leur distribution. Antonio Grigolini a ainsi mis en relief le travail important de ses équipes, louant l’humain avant les algorithmes.
Le responsable de france.tv slash a également abordé quelques succès de sa plateforme, comme la série Skam France, adaptée d’une série norvégienne, qui a une audience internationale. Mais il s’est aussi attardé sur les lancements moins fructueux dont, selon lui, on tire bien plus d’enseignements.
À regret, il a fallu clore cette séance, mais les étudiants remercient vivement Antonio Grigolini pour être venu leur livrer sa vision à la fois crue et tendre de l’écosystème audiovisuel et numérique contemporain.
Par Héloïse Janeau.
2 octobre 2018
[Revue de presse] Du 27 septembre au 4 octobre 2018
Vers le déclin de Facebook ?
Vendredi 28 septembre 2018, Facebook a annoncé que 50 millions de comptes avaient été piratés. Par mesure de sécurité, le réseau social a déconnecté ses utilisateurs. Instagram, qui appartient au même groupe, a également cessé de fonctionner le 3 octobre dans plusieurs pays d’Amérique, d’Asie et d’Europe (on a notamment parlé de “InstagramDown” sur Twitter). A l’heure actuelle, il est impossible de connaitre les raisons de ce dysfonctionnement et de savoir si des données privées ont été récupérées. Si tel est le cas, Facebook encourt de gros risques financiers (avec une amende éventuelle de 1.4 milliard de dollars en Europe). Cette affaire tombe au plus mal, car le réseau social est de plus en plus fragilisé vis-à-vis des dirigeants américains et européens. Il semble que, de tous les GAFA, ce soit Facebook qui se porte le moins bien.
Les plateformes contraintes de diffuser 30% de créations européennes
Les députés ont approuvé mardi dernier (à 452 voix pour et 132 contre) l’imposition de ce quota. Les plateformes telles que Netflix, YouTube ou Amazon devront donc diffuser au moins 30% de contenus issus de l’Union Européenne. Netflix n’atteint pas encore ce chiffre en diffusant seulement 20% de productions européennes. Reed Hasting, son PDG, l’évoquait lors de son dernier passage à Paris. Il juge la règle difficile, mais affirme que la firme s’y conformera. Le texte doit encore recevoir l’aval du Conseil de l’Union Européenne (constitué des représentants des Etats membres) pour entrer en vigueur et finalement être mis en oeuvre dans chaque pays.
Netflix expérimente le contenu interactif avec la série Black Mirror
En regardant la série Black Mirror, les abonnés de la plateforme pourront bientôt choisir plusieurs options de suite d’histoire et ainsi changer le destin des personnages. S’agit-il d’un premier essai, d’une mode, ou d’une tendance de fond ? Cette nouvelle implication du spectateur dans les contenus audiovisuels va-t-elle s’intensifier ou s’agit-il d’une innovation qui permettrait à Netflix de se différencier des concurrents ? Quelles seraient les modalités exactes de mise en œuvre ?
Netflix, bientôt des bureaux en France
La plateforme a annoncé vendredi 28 septembre, l’ouverture imminente de bureaux à Paris. Après une première implantation dans la capitale en 2016, la firme avait fuit aux Pays-bas pour échapper à la fiscalité française. Mais, à son retour en France, Netflix continuera à payer peu d’impôt grâce à plusieurs paradis fiscaux comme les îles Caïmans et l’État américain du Delaware.
Record d’audience pour TF1 avec le téléfilm sur Jacqueline Sauvage
Lundi 1er octobre 2018, TF1 a enregistré sa meilleure audience sur une fiction française depuis 2015. Le téléfilm « Jacqueline Sauvage, C’était lui ou moi », a rassemblé 7.9 millions de téléspectateurs (ce qui représente 32,2% de part de marché). Réalisé par Yves Rénier, il rassemblait Muriel Robin, Olivier Marchal et Armelle Deutsch. Il raconte la véritable histoire de cette mère de famille, victime de violences conjugales, condamnée à 10 ans de prison pour avoir abattu son mari en 2012. Soutenue par un important mouvement, elle a finalement été graciée par M. Hollande en décembre 2016. Le succès du téléfilm est très probablement lié à l’initiative de Muriel Robin (qui a interpellé M. Macron avec 88 autres personnalités) afin que le gouvernement agisse réellement contre les violences conjugales, car la lutte contre ces violences a été proclamée « grande cause national » pour l’année 2018.
Le CNC offre un accompagnement aux exploitants sur le digital
Lors du congrès de la FNCF (Fédération Nationale des Cinémas Français), Frédérique Bredin (présidente du CNC) a annoncé un plan destiné à inciter les salles de cinémas à adopter les principes généraux du marketing digital. Le but est de maîtriser l’usage des technologies numériques pour »dynamiser la fréquentation, élargir le public, le fidéliser, communiquer avec lui et attirer les jeunes ». Dans ce cadre, le CNC va proposer deux journées de formation gratuites (portant sur les réseaux sociaux) ouvertes à tous les exploitants.
Hommage à Charles Aznavour
Charles Aznavour est décédé ce lundi 1er octobre 2018 à l’âge de 94 ans. Sur le devant de la scène dès l’âge de 14 ans, il laisse derrière lui des albums mémorables. Mais sa carrière de comédien fut tout aussi couronnée de succès. Il a travaillé avec Truffaut, mais également Claude Chabrol, Jean-Pierre Mocky, Pierre Granier-Deferre, Volker Schlöndorff ou encore Atom Egoyan, et s’impose auprès d’eux comme un monument de la culture française. Nous retiendrons cinq films incontournables : Tirez sur le Pianiste, Un taxi pour Tobrouk, La Métamorphose des cloportes, Le Tambour et Les Fantômes du Chapelier.
Par Laura Dellapasqua et Chloé Guilhem.
8 octobre 2018
[Rencontre] Marine Jouven, responsable des préachats chez OCS

Crédit Photo : © Chloé Guilhem
Le jeudi 4 octobre, les étudiants de Lorenzo Benedetti recevaient Marine Jouven, responsable des préachats chez OCS, un poste qu’elle occupe depuis plus de 10 ans.
Après des études littéraires à la Sorbonne, des études de droit au King’s College de Londres et un master à l’ESCP, Marine Jouven intègre les rangs de Canal +. Elle s’y occupe des préachats de films français, puis des acquisitions de films de catalogue. Après deux ans de bons et loyaux services, elle s’ouvre à de nouveaux horizons pour aller travailler à OCS. Son arrivée a lieu en parallèle de la fusion entre TPS et CanalSat et du lancement, par France Télécom, d’un certain bouquet de chaînes payantes, alors uniquement disponible sur les box Orange. Depuis, Marine Jouven officie sans faillir au département des préachats du bouquet OCS.
Les étudiants ont ainsi pu apprendre énormément à propos des différentes transformations d’Orange que l’intervenante a donc vécues depuis l’intérieur. Aujourd’hui, OCS compte 3 millions d’abonnés, mais aussi beaucoup d’autres, notamment à travers les abonnés de distributeurs extérieurs au groupe Orange, comme Canal +. Si OCS fait depuis longtemps des acquisitions en cinéma et en série, le groupe se tourne à présent vers des formats sériels plus ambitieux, dont des séries de 52 minutes. La première création rattachée à ce projet sera une adaptation du Nom de la Rose. Marine Jouven a, par la même occasion, détaillé les caractéristiques et enjeux du préachat, cette anomalie française qui illustre la fameuse exception culturelle.
La rencontre s’est terminée après le coucher du soleil, et les étudiants du master sont reconnaissants à Mme Jouven d’être venue échanger, avec eux, et malgré sa voix enrouée, autour de ce grand acteur de l’audiovisuel français.
Par Héloïse Janeau
10 octobre 2018
[Rencontre] Cyril Hauguel, producteur artistique en Ciné et TV

Crédit Photo : © Chloé Guilhem
Ce jeudi 4 octobre, Mathieu Ageron, dans son cours « développer et produire un long métrage » a invité Cyril Hauguel afin qu’il rencontre les étudiants du master.
Après des études en philosophie et en lettres, Cyril Hauguel est entré chez TF1 Film Production chez qui il a passé 9 ans en tant que directeur artistique. Il a ensuite intégré le groupe LGM Cinéma en tant que producteur artistique. Fort de ces expériences il a monté sa société Extérieur Jour, dans laquelle il développe des projets pour la télévision et le cinéma en tant que producteur délégué.
Cette séance a mis en avant l’importance de se tenir informé, d’être à l’écoute du marché, de rencontrer et de partager. Durant cette rencontre les étudiants ont pu consolider leurs connaissances sur le métier de producteur notamment grâce à des anecdotes qui ont enrichi les propos de Cyril Hauguel : « Pourquoi on est producteur ? Parce qu’à un moment donné on a les clefs capables d’ouvrir les portes que tout un chacun ne peut pas ouvrir. »
Cyril Hauguel a insisté sur le concret du métier de producteur. En effet il a mis en avant les doubles rapports que cela nécessite, d’une façon plus claire, savoir être le lien entre les diffuseurs (TV ou distributeur) et les talents, ceux qui amènent les projets. Il a également insisté sur la magie de ce métier dès lors que la passion et le travail sont réunis.
Les étudiants du master remercient Cyril Hauguel pour son regard avisé et son discours éclairé ainsi que Mathieu Ageron qui nous permet de rencontrer des personnalités du milieu.
Par Agathe Auger
11 octobre 2018
[Revue de presse] Du 4 au 11 octobre 2018
Une fermeture de Google+ imminente
Lundi 8 octobre, Google a annoncé la fermeture progressive, au cours des 10 prochains mois, de son réseau social Google+. Cette décision intervient après que le Wall Street Journal est révélé l’existence d’une faille de sécurité dans le service qui aurait compromis les données personnelles de quelques centaines de milliers d’utilisateurs. Cette faille était connue de Google depuis mars dernier mais l’entreprise avait fait le choix de garder ces informations confidentielles. C’est donc la fin de Google+ qui avait ouvert en 2011 mais n’avait jamais vraiment su décoller et se mettre au même niveau que ses différents concurrents.Cette information nous apprend tout d’abord que les failles de sécurité se multiplient, que nous n’en sommes pas toujours au courant et qu’elles touchent les deux principales entreprises accumulatrices de données personnelles, Facebook et Google. Dans un deuxième temps, cela nous montre qu’il est compliqué pour une entreprise de lancer un réseau social sans concept innovant dans un marché qui est déjà phagocyté par Facebook. En effet, à l’époque où le réseau fut lancé seul Facebook et Twitter étaient présents sur le marché et depuis les nouveaux réseaux sociaux qui ont réussi à s’imposer se sont principalement basés sur des concepts différents d’une approche principalement textuelle : Instagram et Snapchat avec l’image ou encore Whatsapp avec la messagerie pour ne citer qu’eux.
Le rapport Bergé : réformer l’audiovisuel à l’ère du numérique
La député Aurore Bergé, porte parole du groupe LREM à l’Assemblée Nationale, a publié le 4 octobre un rapport de quarante propositions pour réformer la communication audiovisuelle à l’ère du numérique. Ce rapport s’inscrit dans le projet de réforme de la loi Léotard de 1986 sur la liberté de communiquer, une des lois fondatrice de l’audiovisuel en France. Dans ce rapport la député aborde plusieurs sujets comme la lutte contre piratage ou encore le financement des créations françaises, notamment l’animation qui est très touchée par la future suppression de France 4. Elle apporte plusieurs propositions comme la fusion entre Hadopi et le CSA ou encore d’universaliser la redevance afin de toucher même les personnes qui ne possèdent pas de téléviseur.Ce rapport nous laisse perplexe car tout d’abord ce n’est pas le premier rapport sur le sujet, ce qui peut entraîner une cacophonie parlementaire et ensuite les sujets abordés dans le rapports sont tellement diverses que cela donne l’impression que le rapport manque de direction.
France Télévisions lance une consultation citoyenne pour appuyer sa nouvelle orientation stratégique
Cette semaine nous avons beaucoup entendu France Télévisions, largement mentionné dans l’actualité. Tout d’abord le groupe a lancé, en compagnie de Radio France, une consultation citoyenne. Elle a pour but de connaître les attentes des Français par rapport à l’audiovisuel public qui est aujourd’hui au coeur de nombreux débats et restructurations. Ainsi, FranceTV espère récolter des informations sur les habitudes de consommations et les préférences en termes de programmes des Français.Secondement, lors du déjeuner de l’Association des Journalistes Médias, Takis Candilis, directeur général à l’antenne et aux programmes de France Télévisions, a détaillé les mutations à venir de l’organisation des programmes chez France Télévisions. Il a donné des indications sur l’orientation digitale du groupe. En effet, le budget pour les programmes digitaux est voué à passer de 3,5 million d’euros en 2018 à 200 millions d’euros au minimum en 2022. Il a notamment indiqué que le budget de Slash serait multiplié par dix dès l’an prochain. Tout cela met encore plus l’accent sur la volonté de transformation de France Télévisions et l’orientation numérique que le groupe prend.
Netflix : un milliard de dollars investis sur le sol américain
Netflix a racheté le complexe de studio américains ABQ et compte l’exploiter pour ses contenus originaux. Ces investissements humains et financiers seront principalement réalisés au Nouveau Mexique, dont la gouverneur a opéré une vraie campagne de dumping fiscal pour attirer la plateforme américaine, avec une baisse d’impôts considérable et 15 millions de dollars de subventions publiques à la clef.Cela nous informe sur combien la fiscalité est importante dans les choix d’implantation des producteurs de programmes. Dans un second temps, ce choix est aussi une conséquence de la saturation d’Hollywood, où autour de 96% des studios sont déjà occupés, Netflix se tourne donc vers des production locales, en témoigne la location de 22 000 mètres carrés de studios à Madrid depuis début septembre pour des créations hispanophones.
L’étude de Sandvine sur la consommation Internet en 2018
Le groupe Sandvine a sorti son étude annuelle sur la consommation internet mondiale. Tout d’abord, nous apprenons que plus de la moitié de la bande passante mondiale est consacrée au visionnage de vidéos (58%), et Netflix représente 15% de la consommation internet mondiale, en comparaison Youtube représente 7% et Amazon seulement 3%. Le reste de la consommation est principalement partagé entre la navigation internet (17%), le gaming (8%) et les réseaux sociaux (5%). Une autre information importante est la place qu’occupe le piratage torrent dans le trafic ascendant, soit les données envoyées sur internet. Alors que cette part était en constante baisse depuis l’apparition des services de streaming elle repart actuellement en hausse représentant environ 22% du trafic mondial et montant jusqu’à 35% pour la région EMEA.Tout cela nous indique combien la consommation audiovisuel est centrale sur internet. Par ailleurs, le regain en force du piratage peut s’expliquer par la multiplicité des offres de SVOD. Les internautes préféreront s’abonner à une ou deux offres et pirater les contenus des autres plateformes lorsqu’il veulent les consommer.
La nouvelle Playstation de Sony
A l’heure de la dématérialisation des jeux vidéo et du cloud gaming, la question d’une nouvelle génération de console de salon se posait depuis un moment. La semaine dernière, le PDG de Sony, Kenichiro Yoshida, a annoncé qu’une nouvelle console de jeu était nécessaire.Cela nous indique combien les jeux vidéo est importante pour Sony. En effet, cette division représente 25% du chiffre d’affaire de l’entreprise. Depuis sa première génération, la Playstation s’est vendu à plus de 500 millions d’exemplaires, rendant clef le marché de la console de salon pour Sony, en comparaison à ses concurrents. Nous pouvons imaginer que la prochaine génération aura encore plus de fonctions, à commencer notamment par une transformation vers de nouvelles boxs intégrées à un écosystème de streaming.
Réouverture de l’École de la Cité du Cinéma
L’école du cinéma a annoncé sa réouverture, après sa fermeture à la suite de difficultés financières. Pour autant, cette dernière se fait uniquement pour les étudiants en deuxième année et sans assurance pour l’avenir. L’école est en attente de nouveaux moyens financiers pour assurer sa pérennisation, à travers de nouveaux mécènes ou de nouvelles aides du conseil régional.
Federation Entertainment lève 16 millions d’euros pour supporter sa croissance en France et à l’international
La société de production française créée en 2013 par Pascal Breton, basée à Paris et Los Angeles, et dont le catalogue comprend notamment Le Bureau des Légendes ainsi que Marseille, mais aussi des séries européennes, américaines ou jeunesses, a réalisé une levée de fonds co-dirigée par le pôle industries créatives de BPI France.Grâce à ces nouveaux moyens la société espère mener à bien de plus grands projets et doubler son chiffre d’affaire en 2019.
Par Côme Chatenet et Antoine Prost.
16 octobre 2018
Week-end d’intégration : cru 2019
Du 5 au 7 octobre, les étudiants se sont prêtés au jeu du traditionnel week-end d’intégration sous la houlette de leurs professeurs.
Une fois arrivés à Cannes, direction le bateau pour se rendre sur l’île Sainte-Marguerite, une île hors du temps et connue pour accueillir la cellule de L’homme au masque de fer.
Au programme, divers ateliers où chacun a pu donner libre cours à sa folie mais surtout resserrer les liens. Bien qu’ils aient été parfois mis à rude épreuve !C’est donc avec regret mais des souvenirs plein la tête que les élèves ont quitté l’île dimanche matin.
Les élèves du Master tiennent à remercier leur équipe pédagogique et les intervenants, Nicolas Brigaud-Robert, Stéphane Goudet, Cyril Barthet, Eric et Ralph, pour leur bienveillance, leur écoute et leurs conseils… Sans oublier certaines confidences !
La règle de trois, les licornes, et la notion de pouvoir auront désormais une nouvelle signification pour chacun…
Et comme les mots ne suffisent pas toujours, découvrez le clip du WEI de la promo 2018.
Par Lucie Bernard
16 octobre 2018
[Rencontre] Didier Borg, PDG et créateur de Delitoon

Crédit Photo : © Chloé Guilhem
Vendredi 12 octobre, à l’occasion de son cours sur l’économie des applications, Catherine Pitard a invité Didier Borg, PDG et créateur de Delitoon.
Diplômé de l’Institut Supérieur de Gestion, Didier Borg a eu plusieurs vies avant de lancer sa start-up. Il a d’abord participé au lancement de CanalSat en menant pendant sept ans la stratégie marketing opérationnelle du premier bouquet satellitaire français en analogique et numérique. Par la suite, il a accompagné la création du festival Rock en Seine. Pendant plus de cinq ans, il a également dirigé le département cinéma et vidéo de Médiamétrie. Finalement, en 2006, il a croisé la route d’une maison d’édition, Casterman, et est devenu éditeur de bandes dessinées et directeur de collection jusqu’en 2016.
Ainsi, après avoir travaillé pour la télévision et le cinéma, des secteurs qui ont grandement évolué avec la diffusion numérique, Didier Borg s’est intéressé à la digitalisation de la bande dessinée. Il a donc lancé dès 2011 Delitoon, un service qui propose un catalogue de mangas à lire sur écran. Son modèle est dérivé de celui des Coréens qui ont été les premiers à s’interroger sur la façon de distribuer ce type de contenu sur un format de lecture adapté à son époque. Delitoon comptera 350 000 membres inscrits fin 2018, plus de 60 séries en cours et est classée première application du store BD Android.
La séance de vendredi a été l’occasion d’évoquer comment la technologie pouvait conquérir le monde du livre et de la BD. Elle a aussi été un moment de discussion autour du modèle économique des applications. Enfin, Didier Borg a pu revenir sur les stratégies marketing employées pour identifier et conquérir le cœur de cible de son service.
Les étudiants souhaitent remercier Catherine Pitard pour avoir organisé cette rencontre ainsi que Didier Borg pour sa participation riche d’échanges et le partage de son expérience.
17 octobre 2018
[Projection] Avant-Première d’Asako I & II au Cinéma Méliès
Le jeudi 18 octobre, les étudiants du Master DMC ont assisté à l’avant-première d’Asako I & II (2018) au Cinéma Méliès à Montreuil, avec la présence exceptionnelle en France du réalisateur Ryusuke Hamaguchi. En compétition à la 71e édition du Festival de Cannes, cette adaptation du roman primé Netemo Sametemo de Tomoke Shibasaki met en scène un récit aussi tendre que fin dans ses possibilités de représenter les rencontres, les affects et le pardon. Merci à Stéphane Goudet, directeur du Méliès et du Master DMC, d’avoir organisé cette projection-rencontre importante du cinéma contemporain.
22 octobre 2018
[Revue de presse] Du 11 au 18 octobre
WarnerMedia et AppleTV : deux modèles économiques différents, une même volonté de se positionner
WarnerMedia a annoncé le lancement de sa propre plateforme de streaming, planifiée pour le quatrième trimestre 2019. WarnerMedia mise beaucoup sur l’attrait de son catalogue, notamment avec des programmes HBO, et compte investir massivement dans de nouvelles créations originales pour booster la plateforme. Dans le but de ne pas vampiriser les clients d’HBO, le coût de l’abonnement à la plateforme de WarnerMedia sera plus élevé qu’un abonnement classique à HBO (soit plus que 15$).
Apple de son côté pense rendre le contenu original d’Apple TV gratuit pour les possesseurs d’iPhone, d’iPad et d’Apple TV. Il pourrait s’agir d’un grand coup porté à la concurrence, puisque qu’Apple trouverait ainsi le moyen de vendre plus d’appareils sous iOS tout en faisant découvrir son service de streaming à un public déjà acquis.Ce qui nous a paru pertinent dans ces deux news mises en parallèle n’est autre que la manière qu’ont les deux acteurs en devenir d’essayer de tirer leur épingle du jeu : l’un mise sur un catalogue solide et attirant pouvant être qualifié de « valeur sûre » mais plus cher que la concurrence, tandis que l’autre pari sur un service bien moins cher et relié à une de ses autres activités économiques : la vente de device.
Le Festival Lumière de Lyon fête sa première décennie, quel avenir pour la deuxième ?
Du 13 au 21 octobre, le festival Lumière de Lyon a fêté ses 10 ans. Un festival, ayant comme but la mise en avant des œuvres de patrimoine, au succès croissant puisque durant cette décennie a vu son public monter en flèche (de 50 000 spectateurs à 171 000). L’époque des anciens films visibles en version restaurée dans un petit cinéma de quartier est-elle toujours actuelle, face à aux nouvelles consommations cinématographiques ? Un des enjeux de ce festival est de voir comment une collaboration entre les films de patrimoine et les services de VOD est possible. Huit conférences sur douze seront consacrées à ce sujet, à l’instar de celle intitulée « Analyse de l’environnement économique et juridique de la VàD et de la place réservée aux films de patrimoine ». De nombreux sites ont ouvert avec comme seule volonté d’offrir la lecture possible d’ancien classique comme : la cinetek, Itunes France, VOD factory de SFR, TF1 Vad et Filmo TV.
Plusieurs raisons qui expliquent l’intérêt des offres par rapport au cinéma de patrimoine : le fait de pouvoir toucher un public âgé ; le fait de profiter de la popularité de ces films pour intéresser le jeune public ; la possibilité d’offrir une deuxième lecture (avec un nouveau format) à un contenu déjà produit et d’offrir plus de contenu aux plateformes avec des productions déjà faites. Tout ceci s’inscrit dans la fameuse stratégie de la longue traîne
Le CEO de Google est ravi des premiers tests de Dragonfly le moteur de recherche censuré destiné à la Chine
Ce lundi 15 octobre, à l’occasion du sommet organisé à San Francisco par le média WIRED pour ses 25 ans, le CEO de Google s’est révélé optimiste quant à des tests effectués sur le moteur de recherche censuré développé par Google pour la Chine. Ce qui est intéressant, c’est le fait qu’il s’agit de la toute première fois depuis le début du projet que Sundar Pichai prend vraiment la parole dessus. Sa réponse aux critiques, aux réserves et aux doutes quant au projet s’est révélée plutôt succincte et venteuse selon nous. Il s’est en effet contenté de stipuler que, malgré la censure, Dragonfly pourrait traiter 99% des recherches internet en Chine. Et il a surtout mis l’accent sur des recherches de types médicales : « Aujourd’hui, soit les gens sont bien informés, soit ils ont de faux traitements contre le cancer ».
Cela nous semble un peu facile comme argument, voire même peu inspiré et surtout, disons-le franchement, bidon, encore plus quand on se souvient d’une des fonctionnalités du moteur de recherche révélée par The Intercept dans une enquête publiée en août : Google prévoit de lier les numéros de téléphones des utilisateurs du moteur de recherche à leurs requêtes. Une spécificité qui pourrait ainsi mettre dans le viseur des autorités chinoises tous ceux qui font des recherches que l’État désapprouve.
En Chine, Internet dépasse la télévision
Les analystes de PwC annoncent ainsi que le marché OTT (ou over-the-top, c’est-à-dire la télévision par contournement)devrait progresser de 16,3% en Chine d’ici 2022. Soit le double du taux de croissance du petit écran (7,9%). Avec 148 millions de foyers supplémentaires dotés du haut débit et 381 millions d’autres équipés d’une connexion haut débit mobile d’ici cinq ans, la télévision de contournement devrait facilement prendre le contrôle.
Pourquoi cela nous a-t-il semblé intéressant ? En Chine (comme ailleurs), les séries exclusivement diffusées sur la Toile sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus regardées. Le web permet alors de réaliser ce qui a souvent été impossible avec le cinéma. En effet, non seulement les plateformes de streaming chinoises gagnent en puissance, mais de plus en plus de séries diffusées uniquement sur le web par des plateformes telles que Tencent, iQiyi et Youku sont vendues à l’international à d’autres géants du streaming. Ces ventes de programmes à des plateformes comme Netflix permettent d’atteindre un public. Par conséquent, c’est extrêmement bénéfique (et essentiel) pour le soft power chinois. Des programmes sont aujourd’hui diffusés en Asie du Sud-Est, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe et aux États-Unis. Ceci nous apparaît comme un exemple pertinent de l’infatigable progression du streaming par rapport à la télévision, d’autant plus sur le marché chinois, extrêmement dynamique.
L’accord entre le groupe CGR et les projecteurs Christie
Le groupe CGR vient de signer avec le fabricant de projecteurs « Christie » pour convertir 700 salles du parc, soit l’ensemble du circuit, avec une nouvelle technologie : le RGB Pure Laser. Cette technologie permet d’offrir aux spectateurs une meilleure reproduction des couleurs, un niveau plus élevé de luminosité et de contraste, ce qui est intéressant notamment avec les lunettes 3D, souvent critiquées pour l’assombrissement qu’elles offrent.
Un choix important pour le groupe : à l’origine, cette technologie était utilisée pour les 20 salles premium ICE du groupe. C’est grâce au succès de ces salles, comme le démontre Jocelyn Bouyssy, le directeur général du groupe, que ce choix s’est mis en place. « Le succès significatif des salles premium ICE témoigne de notre détermination à offrir aux spectateurs une expérience visuelle exceptionnelle, pour conforter la fidélisation de clientèle. »
À rendre toutes les salles du CGR prestigieuses, cette qualité deviendra la norme du groupe et elles ne se démarqueront plus entre elles. En revanche, elles vont véritablement se démarquer de ses opposants (UGC ou Gaumont par exemple). Avec cet accord, on voit la volonté du groupe de se démarquer, de la consommation à domicile, mais également de ses concurrents. On peut voir ceci comme un choix stratégique face à UGC par exemple, qui ne propose aucune technologies innovantes (Atmos, 4K, 3D) dans son circuit, ou alors un nouveau procédé n’offrant pas vraiment d’intérêt particulier pour ce qu’il diffuse. Ce que critiquent de nombreux spectateurs.
Nouveau ministre de la culture
Franck Riester a été nommé ministre de la Culture en lieu et place de Françoise Nyssen. Le fait qu’elle n’ait conservé son poste que 17 mois, moins longtemps que Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti est significatif. Depuis une dizaine d’années, la plupart des ministres de la Culture restent en place un peu moins ou un peu plus de deux ans tout juste. Comment installer et mener à bien de nouveaux projets en si peu de temps ? Françoise Nyssen n’aura donc pas échappé à cette tendance. On retient d’elle l’avancée dans le projet du pass culture pour les jeunes de 18 ans et sa volonté d’instaurer plus de parité dans le cinéma avec le système de points énoncé il y a trois semaines.
Son remplaçant Franck Riester est quant à lui un spécialiste de l’audiovisuel. Grand défenseur de Hadopi (il avait été rapporteur de la loi en 2009), Franck Riester est pour un rapprochement entre France Télévisions et Radio France pour pouvoir « adapter les structures de l’audiovisuel public à la révolution des usages et des technologies ». Pour cela, il souhaite la création d’une sorte de BBC à la française. La nomination d’un spécialiste de l’audiovisuel arrive à point nommé alors qu’une réforme de l’audiovisuel public, prévue pour un vote en mars 2019, est en projet.
Par Maxime Duchateau et Théophile Voisine
22 octobre 2018
[Rencontre] Chantal Ferraro, Head of Talent Partnerships & Operations, EMEA chez The Walt Disney Company

Ce jeudi 11 octobre, dans le cadre du cours de Lorenzo Benedetti sur « les nouveaux acteurs audiovisuels au sein des anciens », les élèves du master DMC ont rencontré Chantal Ferraro, Head of Talent Partnership & Operations, EMEA.
Qu’est-ce que Disney ? Un groupe média international qui est depuis les années 1920 présent dans le secteur du cinéma (avec des courts ou longs métrages d’animation ou en prise de vue réelle), de la télévision (Disney Channel, Disney XD, etc.), dans l’industrie du tourisme (Disneyland Paris, Tokyo, Shanghai, Los Angeles…) mais également dans les produits physiques (DisneyStore, licences produit). Cette diversité place l’entreprise au rang de premier groupe de divertissement au monde.
Chantal Ferraro, d’origine franco-allemande, travaille depuis les débuts de l’essor du digital sur le développement des réseaux sociaux et contenus en ligne. Aujourd’hui, elle gravite entre Londres et Paris, en charge du développement stratégique du réseau d’influenceurs, nouveaux créateurs originaux sur les réseaux sociaux pour The Walt Disney Company Europe, Moyen Orient et Afrique (EMEA).
Ce réseau de nouveaux créateurs de contenus originaux, aujourd’hui incontournable, permet la création de contenus originaux, de brand content, d’opérations promotionnelles etc. qui trouvent un fort écho auprès d’un large public.Dans ce cadre, Chantal utilise entre autres des outils Big Data pour mettre en place des campagnes influenceurs au niveau européen depuis Paris mais aussi Londres, où se situent les bureaux de son équipe. Elle est le lien avec l’ensemble des activités du groupe Disney pour la mise en œuvre de concepts imaginés, créés et diffusés sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux de The Walt Disney Company et de ses partenaires.
Par Cynthia Jean
23 octobre 2018
[Séminaire] Jeunes et radio : le désamour ?
Sur invitation du GRER (Groupe de recherche et d’études de la radio), les étudiants du master DMC ont participé vendredi 19 octobre au séminaire « Jeunes et radio : le désamour ? ».
Organisé par Albino Pedroia, professeur au master DMC et consultant spécialisé dans les médias, cette journée d’études a vu se succéder les interventions de Frédéric Antoine, président du GRER et professeur à l’Université de Louvain (Belgique), Julie Terrade, directrice de pôle au département radio de Médiamétrie, Sophian Fanen, journaliste et auteur du livre Boulevard du stream, du mp3 à Deezer la musique libérée, Albino Pedroia, ainsi que d’Éric Schweitzer du CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information).
Constatant l’abandon progressif de la radio dite « classique » par les jeunes, ce séminaire avait pour but d’interroger les nouveaux comportements d’écoutes chez les jeunes et les nouvelles tendances radiophoniques qui en émergent.
Après avoir présenté le GRER et ses objectifs, Frédéric Antoine a invité les membres de l’auditoire à faire un pas de côté en faisant l’analyse des audiences radiophoniques en Belgique. Si les jeunes écoutent moins la radio que l’ensemble de la population, ce sont eux qui pratiquent le plus l’écoute en ligne. Après cette présentation, Julie Terrade a réalisé l’état des lieux de ce média en France et du rapport des jeunes avec la radio. En dix ans, la radio a subi une érosion de son audience mais reste un média puissant qui touche des millions d’auditeurs, toutes générations confondues. Plus particulièrement, l’audience auprès des jeunes (compris comme les 13-24 ans) est celle qui diminue le plus, mais ils sont encore 71,7% à écouter la radio. Pour cette spécialiste de la radio, l’érosion des audiences s’explique par un changement d’écosystème, l’apparition de nouveaux usages numériques et la multiplication d’offres concurrentielles à la radio. Ce sont ces changements structurels qu’a observé Sophian Fanen dans son enquête sur l’impact du streaming sur les radios musicales jeunes. Ces radios ont été confrontées en moins de dix ans à une explosion de l’offre qui les ont contraintes à une remise en question. Selon le journaliste, en revenant à leur cœur de métier, les radios musicales ont encore des atouts à jouer face à l’offre pléthorique que proposent les plateformes de streaming. A sa suite, Albino Pedroia a apporté des précisions sur l’économie de la radio. Il y a bien une baisse des recettes publicitaires pour les radios privées et une stagnation de la redevance pour la radio publique mais la croissance potentielle du secteur reste forte. En effet, en plus des smartphones dont 80% des français sont équipés, de nouveaux terminaux d’écoutes apparaissent, tels que les enceintes et les tableaux de bord connectés des voitures, et surtout, de nouveaux usages et des nouveaux formats émergent autour de la radio qui seront le vecteur de nombreuses potentialités.
Pour conclure cette journée d’études, Eric Schweitzer a présenté les actions du CLEMI dans l’éducation des jeunes aux médias. Le CLEMI aide à mettre en place des projets radiophoniques à l’école avec des buts divers : permettre la transmission de savoirs, encourager l’expression médiatique et l’engagements des élèves mais aussi réaliser une éducation au numérique, à la citoyenneté ainsi qu’aux médias et à l’information. Pour le spécialiste, cette socialisation à la radio est fondamentale car permettre à des individus de connaitre la radio et comprendre son fonctionnement, c’est former de futurs auditeurs, voire de futurs créateurs de radio.
Les étudiants du master remercient Albino Pedroia de les avoir invité à ce séminaire ainsi que tous les intervenants pour cet échange d’analyses pertinentes.
Par Arthur Carbonnaux.
25 octobre 2018
[Revue de presse] Du 18 au 25 octobre 2018
Droit d’auteur : Youtube lance une démonstration de force contre l’article 13
Ce lundi 22 octobre, Suzanne Wojcicki, la directrice de YouTube, lance un hashtag #SaveYourInternet en réaction avec l’article 13 de l’Union européenne.Elle invite les influenceurs de la plateforme à se mobiliser, pointant du doigt le fait que cela risque de “dramatiquement changer internet comme nous l’aimons » : moins de choix de contenu pour les pays européens, l’interdiction de chaînes en live… mais cela pourrait surtout signer l’avènement suprême du contenu des grandes entreprises sur la plateforme.
En pratique, cet article oblige les grands sites qui permettent aux internautes de publier des vidéos ou des sons, à nouer des accords avec les titulaires des droits d’auteur. Faute d’entente entre les plates-formes en ligne et les ayants droit, les premières devront faire en sorte d’empêcher la mise en ligne des œuvres protégées.L’article 13 fait l’objet d’un vif débat. Les sociétés d’auteurs et les grands éditeurs défendent le texte, qu’ils considèrent comme étant un “indispensable outil de contrôle des grandes plates-formes”. Face à eux, les grandes sociétés du Web, mais aussi les défenseurs des libertés numériques, dénoncent le risque d’une censure accrue et une menace pour les parodies et autres détournements.
L’interprétation de Mme Wojcicki selon laquelle le texte obligerait YouTube à « n’autoriser que le contenu d’un certain nombre de grandes entreprises » nous semble douteuse. Ces problématiques sont loin d’être nouvelles, et YouTube a déjà développé depuis des années son propre système de reconnaissance automatisée des contenus appelé “ContentID”. Ce dernier est capable de reconnaître automatiquement les œuvres protégées par le droit d’auteur qui sont alors soit supprimées, soit monétisées au bénéfice des ayants droit. De plus, l’article 13 risquerait surtout de pénaliser les « petites » plates-formes, et non YouTube, déjà bien armé pour l’appliquer.
Facebook opère un changement de direction stratégique suite à la suite de son année noire
Selon le site The Information, Facebook chercherait à s’offrir une entreprise de cybersécurité suite aux différents scandales que la plateforme a connu cette année. En 2014, elle avait déjà acquéri une start-up spécialisée dans les malwares et les accès non autorisés (Private Core). L’entreprise souhaiterait cette fois agrémenter ce système d’une technologie qui permettrait une meilleure sécurisation des comptes utilisateurs, et a également prévu de doubler ses effectifs sécurité de 10 000 à 20 000 employés cette année.
Parallèlement, et après des mois de négociations, Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg ont annoncé le 19 octobre avoir embauché Nick Clegg à la tête du service Affaires mondiales et communication de Facebook. Ancien vice-Premier ministre britannique de 2010 à 2015, mais aussi et surtout ancien négociateur auprès de la Commission européenne et ancien député européen, il s’installera en janvier dans la Silicon Valley.
Ces décisions semblent pointer vers un changement de direction stratégique de la part du géant du numérique. Depuis le début de l’année, Facebook voit s’enchainer les problèmes liés à l’utilisation des données (Cambridge Analytica, taxation des GAFAM au coeur des débats européens, répercussions encore difficiles à évaluer du RGPD, etc), ce qui l’a rendu à la fois moins crédible aux yeux de ses utilisateurs, et d’autant plus vulnérable face aux instances politiques, notamment européennes, qui ont une légitimité d’intervention sur ces sujets. L’arrivée de Nick Clegg ainsi que le recours à une entreprise extérieure semblent donc illustrer un sursaut de responsabilité de la part de Facebook, voire même une volonté du réseau social de se soumettre enfin aux demandes des régulateurs. De notre point de vue, il s’agit surtout de tenter de masquer une incapacité à assurer la sécurité des données de millions de personnes, et de se protéger au mieux en faisant appel à des lobbyistes suffisamment expérimentés, européens de surcroît, pour faire face aux feux du vieux continent.
Canal + abandonne temporairement les négociations avec le cinéma
Le vendredi 19 octobre, Maxime Saada, le président de Canal+, a envoyé un courrier aux organisations du cinéma français Blic, Bloc et ARP pour mettre fin aux négociations entamées pour le renouvellement de l’Accord de 2015, dans le cadre de la réforme de la chronologie des médias. Canal était prêt à signer le projet qui, depuis le 6 septembre, était à sa phase finale. Cependant, étant confronté à une diminution de leurs temps d’exclusivité dans la diffusion de films, la chaîne a déclaré ne plus vouloir faire de concessions.
Face à la baisse des ressources de son groupe, Saada affirme que les chaînes en clairs vont voir leur délai avancer de 6 mois, alors qu’elles n’ont pas autant de contreparties envers le cinéma. En outre, la croissante concurrence de la SVOD face la télévision, a obligé le groupe à changer son modèle économique plusieurs fois au long des derniers trois ans. L’accord de 2015 expirant le 31 décembre 2019, Canal+ compte créer un calendrier de négociations en début de l’année prochaine. Néanmoins, si aucun accord n’est trouvé, l’État devra légiférer sur la question de la chronologie des médias.
Netflix utilise le nombre d’abonnés Instagram de ses talents comme indicateur de popularité de ses séries
Dans son rapport aux actionnaires pour le troisième trimestre 2018 publié le 16 octobre, Netflix a joint un graphique du gain d’abonnés de ses acteurs sur Instagram. On retrouve notamment les chiffres concernant les héroïnes de Stranger Things et de 13 Reasons Why, ou encore l’acteur principal du dernier carton de la plateforme, À tous les garçons que j’ai aimés. Reed Hastings, le CEO de Netflix, semble assez fier dudit graphique, déclarant que « Cette croissance explosive en popularité est un bon indicateur, qui montre que nos séries et nos stars deviennent célèbres dans le monde entier ». En revanche, aucune mesure d’audience n’accompagne ce document, l’entreprise ayant toujours pris le parti de ne jamais dévoiler ces chiffres.
Il est intéressant de constater comment Netflix continue à utiliser son silence autour de l’audience dans sa stratégie marketing. Dans la mesure où l’entreprise refuse de se soumettre à cet indicateur capital pour les acteurs traditionnels, il est alors impossible de comparer la plateforme à ses concurrents sur ce terrain. Par ailleurs, Netflix n’a ainsi pas à communiquer sur ses flops, et peut utiliser les données qui lui conviennent pour illustrer tout et n’importe quoi, ce qu’elle fait notamment ici. Comment prendre au sérieux des tels chiffres pour juger le succès les contenus concernés?
Il convient également de noter qu’à la veille du retrait de la plateforme d’un certain nombre de contenus très attractifs (lancement des plateformes WarnerMedia et Disney oblige), cette publication semble indiquer une volonté de Netflix de capitaliser non plus seulement sur ses productions originales, mais aussi sur de jeunes et nouveaux talents. Cette stratégie, adoptée par plusieurs chaînes historiques, est d’autant plus sage qu’elle permettrait une économie des coûts de production qui ne pourrait que faire du bien à une entreprise reposant sur le système de la dette, et qui voit son avenir s’obscurcir face à la montée des taux d’intérêts prévue aux Etats-Unis.
Arte lance « Arte in italiano »
Le 17 octobre, la version italienne d’Arte, Arte in italianno, est disponible sur le site (arte.tv/it), ainsi que sur les applications pour smartphone, tablette et télévision connectée. Sa programmation sera également diffusée sur Tivùon!, qui fait partie du bouquet de chaînes italiennes par satellite TivùSat, et sur le site de la Radio Télévision Suisse Italienne (rsi.ch/cultura). Arte in italianno accueillera en échange certaines émissions de la RSI.
Cette nouvelle offre est une étape importante dans l’adaptation de la chaîne, dans le contexte de la réforme de l’audiovisuel public dont un des objectifs principaux est de correspondre aux nouvelles pratiques spectatorielles. En plus des versions française et allemande, ce service était déjà disponible en langue espagnole, anglaise et polonaise, de sorte qu’Arte s’adresse désormais à 70% des Européens dans leur langue maternelle. Cette stratégie digitale atteste en effet la présence numérique de la télévision publique française et européenne, qui aura encore plus de la moitié des programmes accessible dans le monde entier.
CNC : vers une mutation digitale du marketing des salles de cinéma
Afin d’accélérer la mutation digitale du marketing des salles de cinéma, Frédérique Bredin, présidente du CNC, a impulsé des formations en région, des financements de postes de médiateurs dédiés à l’animation du digitale et appelé à des projets pour des applis mobiles permettant aux salles de poster leurs programmes et d’envoyer des SMS ou alertes.Après 4 mois de chute consécutive des entrées les exploitants de salles de cinémas sont fébriles. si la numérisation du parc a été fait au pas de course, le marketing digital qui est un instrument de fidélisation et de rajeunissement du public reste, lui, à la traîne. Selon une étude du CNC, 57% des spectateurs aimeraient réserver en ligne et 64% voudraient être informés via les réseaux sociaux, de la programmation et des évènements. Or seuls 23% des établissements offrent ces services. Parmi les 1 159 salles dites mono-écran une seul sur deux ne dispose pas d’un site internet adapté aux mobiles.Difficile pour le cinéma français de se lancer dans le monde du digital, tandis qu’en Nouvelle Zélande la société Movio, créée en 2006, et Showtime Analytics, start-up irlandaise lancée en 2014, sont aujourd’hui les deux prestataires de la collecte et de l’analyse de données les plus connus dans le cinéma. Leur objectif est double: donner aux exploitants une connaissance suffisamment fine de leurs spectateurs pour pouvoir leur faire des offres personnalisées de nature à les inciter à retourner au cinéma mais également de fournir aux exploitants des informations leur permettant d’évaluer, aussi précisément que possible et en temps réel, les performances de leur activité.En France, il serait temps de s’y mettre ! Cela permettrait aux exploitants d’évaluer leurs résultats en les comparant à ceux d’autres salles afin d’essayer de corriger les contre-performances éventuelles. Peut-être un nouveau marché à conquérir pour les futurs professionnels du secteur ?
Google pourrait faire payer ses applications jusqu’à 35 euros par smartphone en Europe
Mardi le 23 octobre, Google a annoncé, qu’il pourrait faire payer ses applications jusqu’à 35 € (ou $ 40) par smartphone en Europe à partir de février 2019. De ce fait, les fabricants sur Android qui souhaitent proposer à leurs clients l’accès à la boutique Google Play, ainsi que d’installer le pack Apps Google (Search, Chrome, YouTube, Gmail etc.), devront alors payer l’entreprise. La grille tarifaire est variable selon les région mais aussi selon le taux de pixels par pouce des appareils commercialisés. La zone la plus chère regroupe: le Royaume-Uni, la Suède, l’Allemagne, la Norvège et la Hollande, où les smartphones à 35 € ont une résolution supérieure à 500 pixels par pouce.
Le changement du système de ventes de Google, priorisant désormais cette licence « à la carte », est une réponse à la décision de la Commission européenne concernant la concurrence. Accusé d’avoir forcé les fabricants de smartphones Android à pré-installer leur système d’exploitation mobile, Google a entraîné auprès l’UE, en juillet dernier, une amende de 4,34 milliards d’euros (correspondant à 5% du chiffre d’affaires de sa maison-mère, l’Alphabet). Ces nouveaux tarifs pourraient alors faire réfléchir les fabricants à choisir un concurrent, puisque cette marge devra être intégrée dans le prix à payer par le client.
Officialisation d’une nouvelle catégorie au festival d’Annecy
A nouveau ce lundi 22 octobre le Mifa 2018 (Marché international du film d’animation) et le Festival d’Annecy, annonce que la réalité virtuelle, présente depuis 2016, devient une section compétitive. Citia souhaite « confirmer la place de la VR au sein du Festival et du Marché », en développant un programme « transversal, ambitieux et complémentaire à l’offre existante », dédié à la création immersive. En 2018, le poids de la VR s’était déjà renforcé, rappellent les organisateurs. « Le fait qu’elle devienne compétitive,c’est la partie visible de l’iceberg », prévient le délégué artistique. Dès 2019, la VR va pénétrer l’ensemble des propositions du festival et du Mifa (projections, conférences, Workin Progress…).Les œuvres immersives et expérientielles, commencent à s’introduire dans le monde du septième art et s’imposent également dans celui de l’animation. Mais “immerger” un “spect-acteur” implique une multitude de techniques plus novatrices les unes que les autresDonc “une expérience immersive” peut tout autant être un casque de réalité virtuel où on suit une histoire narrée qu’une une immersion en 360° et narration avec interactions contrôlées comme BattleScar, réalisée par Martin Allais et Nicolas Casavecchia. Comment évaluer cette production de niche?En effet, malgré son évolution, la réalité virtuelle menace de rester une expérience élitiste car son plus gros problème est son prix. De plus, aujourd’hui, il n’y a aucun véritable professionnel de la réalité virtuelle, aucun créateur, codeur, graphiste qui connaît toutes les bonnes techniques. Ce manque est d’ailleurs aussi présent chez les constructeurs. Nous pensons que ce n’est que lorsque les constructeurs auront une totale maîtrise de leur domaine, qu’ils se seront spécialisés, qu’enfin l’on pourra créer des outils moins chers, moins encombrant, plus à même de toucher le grand public.
Par Sarah Fontaine, Paula Castro et Cynthia Jean
29 octobre 2018
[Rencontre] Thomas Triboit, responsable du département séries chez Orange Studio

Jeudi 25 octobre 2018, les étudiants du Master ont rencontré Thomas Triboit, invité par Mathieu Ageron lors de son cours « Produire un long-métrage ».
Diplômé d’un Master en droit des affaires (Panthéon Assas), Thomas Triboit intègre finalement l’EM Lyon.
À la suite d’expériences professionnelles en tant qu’analyste et consultant, il rejoint la Sofica Backup Films. Cette expérience compte parmi les étapes déterminantes de son parcours professionnel, à l’image d’un échange universitaire au Danemark et de certaines rencontres clés. Effectivement, c’est à Backup Films que M. Triboit se familiarise avec les montages financiers complexes qui permettent la concrétisation de plusieurs projets cinématographiques.
Après un passage très riche d’enseignements à Heska Production (pendant lequel il travaille comme directeur de production), il rejoint la structure de Laurence Lascary (De l’Autre Coté du Périph’) en tant qu’administrateur de production, et travaille notamment sur un documentaire France 2 (Nos mères, nos daronnes).
M. Triboit est ensuite recruté chez Wild Bunch TV, où il dirige les acquisitions d’un département nouvellement créé, spécialisé dans la distribution internationale de séries TV.
Enfin, il arrive en février 2018 chez Orange Studio, et devient Responsable du Département Séries. En charge du développement et des coproductions, M. Triboit étudie et évalue des scripts et des scénarios, en lien étroit avec les chaines OCS du groupe, afin de diffuser sur les chaines du groupe un contenu sophistiqué.
M. Triboit nous a livré ses observations et ses analyses sur la production de séries au niveau mondial, ainsi que de précieux conseils concernant l’univers de la production. Capable de concilier des impératifs financiers et une exigence juridique tout en laissant s’exprimer librement les créateurs, le métier de producteur requiert de nombreuses qualités, avant tout humaines. Thomas Triboit nous a invités à développer nos réseaux professionnels, ainsi qu’à nous interroger sur la place que nous voulions occuper dans les industries que nous convoitons, en prenant en compte les réalités du terrain et nos aspirations profondes.
Par Chloé Guilhem.
6 novembre 2018
[Rencontre] William Eldin, fondateur et CEO de XXII Group

Vendredi 2 novembre, à l’occasion de son cours sur l’intelligence artificielle, Catherine Pitard a invité William Eldin, fondateur et CEO de XXII Group, une entreprise spécialisée dans la deep tech.
Le mot d’ordre dans le domaine de la deep tech ? Repousser les frontières technologiques grâce à des avancées scientifiques permettant de créer de véritables ruptures. Ainsi, XXII Group cherche à développer des technologies basées sur l’intelligence artificielle pour augmenter l’humain. Ses fers de lance sont la réalité virtuelle, la réalité augmentée, la vision et enfin les neurosciences.
Avant d’investir et de monter XXII Group en 2015, William Eldin a monté un réseau de magasins vendant des boîtiers de détection de radars sur la route puis a rejoint dès 2005 Coyote System. Il y a trois ans, il investit dans XXII Group qu’il monte en compagnie d’un ami d’enfance, Damien Mulhem. En un an et demi, la société implantée à Suresnes est passée de 15 à 63 personnes. Aujourd’hui, elle est présente à Hong Kong et à Seattle.
La séance de vendredi a permis à William Eldin de faire un (très) rapide tour d’horizon de l’IA : ce qu’elle est et ce qu’elle pourrait permettre à l’humain une fois développée et surtout comprise. L’accent a tout particulièrement été mis sur les applications de l’IA dans la branche de la vision (les trois autres secteurs de l’IA étant le big data, le natural language processing et la robotique). La puissance de calcul d’aujourd’hui et des prochaines années commence à permettre de proposer de véritables solutions par la vision. Les cartes graphiques actuelles sont aptes à nous regarder évoluer dans un espace, déterminer que l’on est un ensemble d’articulations et même calculer nos mouvements.
Pour William Eldin, il ne faut pas avoir peur ni de l’IA, ni de son avancée. Il s’agit d’un outil qui va vite et qui peut aller loin, certes, mais il s’agit d’un outil long à développer et que peu de personnes peuvent gérer et comprendre à l’heure actuelle. L’enjeu, selon William Eldin – qui rappelle que la France possède d’excellentes écoles et parmi les meilleurs ingénieurs en intelligence artificielle – repose donc dans l’éducation au sujet de l’IA afin de la démystifier des dangers et des craintes auxquelles elle peut être associée.
Les étudiants du master DMC tiennent à remercier Catherine Pitard pour avoir organisé cette rencontre ainsi que William Eldin pour sa participation extrêmement intéressante riche d’échanges et de partage de son expérience.
Par Maxime Duchateau
8 novembre 2018
[Rencontre] Anne Viau, directrice artistique de la fiction française du groupe TF1

Crédit photo : Chloé Guilhem
Jeudi 8 novembre, dans le cadre du séminaire de M. Mathieu Ageron sur « le financement et le développement d’une production cinématographique», les étudiants du master DMC ont pu rencontrer Mme. Anne Viau, directrice artistique de la fiction française du groupe TF1.
Après un bac littéraire option cinéma et une classe préparatoire pour les grandes écoles de l’audiovisuel à Nantes, Mme. Viau est rentrée à La Fémis, département scénario, en 2003. Durant cette période, l’invitée du DMC s’intéressait déjà à la télévision. Malheureusement, la formation «Écriture et création de séries» n’existait pas encore à cette époque (elle le sera qu’à partir de 2013). À la suite de ce cursus, Mme. Viau, toujours passionnée par la fiction télévisuelle, commence à écrire pour plusieurs grandes chaînes :France Télévisions avec Adresse inconnue(2008-2009),M6 avec L’internat (2009), ou encore Canal+ avec Maison Close(2010-2013).
Cependant, l’intervenante avait l’impression que son travail d’écriture, une fois achevé, lui échappait. Elle souhaitait le suivre jusqu’à la fin de son processus (réalisation, post-production, diffusion). En conséquence de quoi, Mme. Viau décide de postuler chez TF1 en tant que conseillère artistique. Elle remplit cette fonction jusqu’à ce qu’elle devienne directrice artistique adjointe de la fiction française en 2017 et sera ensuite nommée directrice artistique, le poste qu’elle occupe actuellement.
Avec cet emploi, Mme. Viau accompagne, avec son équipe, au quotidien, le développement de nombreux projets, du pitch à la diffusion. Elle a notamment travaillé, dernièrement, sur des programmes comme Demain nous appartient (2017-…) ou Le jour où j’ai brulé mon coeur (2018). Actuellement, elle s’occupe de la série Le Bazar de la charité, prochainement diffusée sur la Une en 2019.
L’enjeu de son métier est de créer une ligne éditoriale claire pour la chaîne, qui doit être attractive pour tous les spectateurs, notamment les jeunes qui délaissent de plus en plus le média télévisuel face à la VOD et la SVOD.
L’une des principales difficultés de son travail est de créer des programmes originaux, de qualité et innovants, tout en respectant l’esprit de la chaîne, son budget et ses obligations de diffusion (durée, publicités,…).Mme. Viau s’intéresse avant tout au processus artistique réalisable dans ce média historique.
La fiction française de TF1 a fait preuve de courage et d’audace en abordant des sujets sensibles et d’actualité, notamment la trisomie avec Mention particulière(2017) ou la violence conjugale avec Jacqueline Sauvage – c’était moi ou lui (2018). Deux téléfilms qui ont eu un succès retentissant lors de leur diffusion.
Cette rencontre a été l’occasion d’observer la complexité que représente la création d’une œuvre artistique de qualité, sur un support médiatique aussi codifié que peut être la télévision.
Les étudiants de Paris 1 remercient chaleureusement Mme.Anne Viau pour son riche témoignage sur le milieu télévisuel, ainsi que M. Mathieu Ageron pour avoir rendu cet entretien possible.
Par Théophile Voisine
16 novembre 2018
[Rencontre] Justine Ryst, directrice des partenariats chez Youtube
Ce jeudi 17 octobre , dans le cadre du cours de Lorenzo Benedetti sur « Plateformes gratuites et stratégies de contenu », les élèves du master DMC ont rencontré Justine Ryst, directrice des partenariats YouTube Europe du Sud.
Elle cumule 17 ans d’expérience en digital content, dans des secteurs aussi variés que le tourisme, la création de logos sonores et l’interactivité sonore.
En 2003, elle rejoint le groupe Endemol, alors en pleine expansion de ses contenus de divertissements à gros budget. Chargée du brand content, elle s’occupe du démarchage de production pour du storytelling, ce qui la met pour la première fois en contact avec le géant du contenu audiovisuel en ligne : Youtube.
En 2013, elle se hisse à la tête du département français récemment fondé de Twitter. Responsable du développement du réseau américain, elle participe à la construction de ce média comme véritable source d’information. Elle est confrontée à la puissance du hashtag et à la nécessité d’encadrer la démocratisation médiatique en vérifiant les comptes les plus suivis pour s’assurer de la crédibilité des sources, particulièrement lors d’événements comme les attentats de Paris. Elle fait le lien entre les équipes françaises et américaines, ce qui lui impose un rythme difficile de deux journées de travail en une seule : la première commençant en France à 8h, l’autre, par Skype, à Los Angeles à 18h.
Au cours de ce parcours atypique, Justine Ryst assiste aux transformations des médias provoquées par l’essor du numérique et développe ainsi un intérêt croissant pour le digital content. Après son départ de Twitter en avril 2017, elle est approchée par Google qui lui propose le poste qu’elle occupe actuellement chez Youtube.
En moins de 10 ans, YouTube est devenu la première plateforme de visionnage de vidéos en ligne. Ce géant de l’audiovisuel est porté par 200 personnes en France et 80 000 dans le monde. Face à la concurrence des plateformes payantes de streaming, Youtube inaugure après Youtube Music un nouveau service, YouTube Premium proposant des productions audiovisuelles originales. Ce service offre la possibilité à l’utilisateur de visionner des contenus sans publicité, hors-ligne, ainsi que d’accéder à des créations originales inédites dont les producteurs sont crédités.
En tant que coordinatrice régionale et agente de liaison entre l’Europe et les Etats-Unis, Justine Ryst est chargée de respecter la stratégie globale tout en l’adaptant à la région ciblée. Ce système met en valeur la production et les créateurs locaux de ces vidéos inédites.
Un autre chantier est en cours, juridique cette fois-ci : l’adaptation de YouTube aux lois européennes de protection des droits d’auteur. Justine Ryst est au cœur des négociations avec la SACD sur la rémunération des ayants-droit, mais aussi de celles avec la commission européenne sur un autre sujet relatif la réglementation générale de la protection des données.
En effet, l’article 13 de la directive du droit d’auteur prévoit la mise en place d’un contrôle des vidéos YouTube avant leur publication, afin de vérifier qu’elles ne contiennent pas de créations d’un ayant-droit sans son autorisation. Comment préserver la liberté des créateurs sur YouTube tout en protégeant le droit d’auteur, sachant qu’il existe déjà sur la plateforme une protection des contenus par l’intermédiaire du système de content ID permettant de laisser une empreinte numérique sur les contenus et ainsi de protéger le copyright des créateurs ?
YouTube avait déjà été la cible de nombreuses critiques relatives au système d’analyses de robot. Ce dernier a pour objectif, entre autres, de censurer et démonétiser tout type de vidéos traitant explicitement de la sexualité, ce qui a paradoxalement mené à la suppression des contenus pédagogiques. Par conséquent, un changement du système fut de rigueur, avec une analyse des contenus par des humains et une écoute accrue des collectifs de youtubeurs.
Enfin, Justine Ryst doit relever le défi de la transition digitale des médias historiques vers des réseaux de chaînes MCN (Multi-Channel Network).
En contact permanent avec les responsables de région, elle est souvent en déplacement d’affaires à travers l’Europe et travaille avec les différents services de la firme. Justine Ryst a donc assisté, tout au long de sa carrière, à la mutation de l’information sur les réseaux sociaux. Et encore aujourd’hui, elle est au cœur de la mutation des services de streaming.
Par Gauvain Siémons
21 novembre 2018
[Revue de presse] Du 8 au 15 novembre 2018
Disney lance son service SVOD
Disney a annoncé vouloir lancer fin 2019 sa plateforme de streaming sous le nom de Disney+. Si la marque n’a pas annoncé la date officielle de démarrage de l’offre ainsi que le prix de l’abonnement, elle a dévoilé quelques pistes sur les contenus que Disney+ proposera.Le studio souhaite exploiter toutes ses marques (Disney, Star Wars, Marvel, Pixar, National Geographic) à travers la diffusion de son catalogue et la création de contenus originaux. Pour cela Disney va développer ses franchises en créant des séries, notamment autour des personnages de Star Wars et de l’univers Marvel. Enfin, il a été annoncé que Disney + sera une plateforme à contenus familiaux, alors qu’à côté, le service Hulu permettra à Disney de diffuser ses contenus plus généralistes. La firme a également profité de l’occasion pour annoncer que Hulu serait lancé au printemps 2019 à l’international.La guerre des contenus est déclarée. Sur les prochaines années le marché va accueillir de nombreuses nouvelles plateformes de SVOD liées à de grosse société comme Disney, disposant d’un large catalogue et d’une grand capacité de production. Nous arrivons à un système en silo où le diffuseur est également producteur de ses propres contenus. Cette nouvelle est également importante car elle annonce le lancement d’Hulu à l’international : la bataille des contenus ne se fait pas qu’aux Etats-Unis, mais à travers toutes les régions du monde. Il faudra surveiller les conséquences de l’arrivée de Disney + et d’Hulu sur le marché français.
Canal + a finalement renouvelé ses accords avec le cinéma français
Canal+, qui avait rompu le 19 octobre les négociations avec les 23 organisations du cinéma français, a finalement paraphé mardi 6 novembre, les accords qui le lieront jusqu’à la fin 2022. Le groupe de télévision payante continue d’investir fortement dans le cinéma. Ses offres d’abonnement se sont récemment diversifiées pour faire face à la fuite des abonnées, notamment consécutive à la perte des droits de diffusion de la Ligue 1 du championnat de football, et pour ça, une « décote » encadrée de l’abonné. Avec cette « décote » applicable à partir du 1er janvier 2019, le minimum garanti par abonné ne pourrait pas être inférieur à 2,41 €. StudioCanal pourra produire quatre films par an en délégué ou co-délégué, avec l’idée de collaborer de manière équitable avec des producteurs indépendants et intégrés. D’autre part, les investissements de Canal+ dans le cinéma français et européen seront plafonnés à 180 millions d’euros par an.
Une nouvelle chronologie des médias
La diffusion en DVD sera avancée à 3 mois au lieu de 4 pour les films qui ont réalisé moins de 100 000 entrées lors de leurs quatre premières semaines en salles. Canal+ y gagne et pourra programmer des longs-métrages entre 6 et 8 mois après leur sortie contre 10 à 12 mois aujourd’hui. Netflix ou Amazon Prime, qui doivent patienter 3 ans, diffuseront des films 15 à 17 mois après leur premier jour en salles, à condition de s’engager à investir dans la production. Sans quoi, ces sociétés garderont le même régime.
Médiamétrie lance « Global SVOD », un dispositif comprenant une étude bi-annuelle et des tops mensuels des programmes les plus consommés
Cette nouvelle étude, dont les 1ers résultats seront publiés en janvier 2019, repose sur 3 piliers :
Les volumétries de la SVoD : Cadrage de la pratique avec le nombre d’utilisateurs, leurs profils, la durée d’écoute, les moments d’écoute et la mise en perspective de la consommation de la SVoD avec celle de la TV en live et en replay.
Les comportements à l’égard de la SVoD : Vue d’ensemble sur l’usage par le public de la vidéo par abonnement : notoriété et utilisation des plateformes, motivations, intentions d’abonnement, satisfaction, fonctionnalités préférées, partage de comptes, etc.
L’audience mensuelle des contenus SVoD : Tous les mois, les palmarès des programmes les plus regardés sur ordinateur et smartphone seront accessibles aux souscripteurs : ces tops seront disponibles au global, par plateforme, par genre et par profil.
Il s’agit d’une nouvelle importante puisque la SVOD est enfin considérée au même niveau que les chaînes de TV et comme un acteur important dans l’audiovisuel qui prend de plus en plus d’ampleur.
Netflix accepte de sortir trois de ses films au cinéma en avant-première
Pour la première fois, la plate-forme vidéo américaine va sortir 3 de ses longs-métrages sur grand écran avant de les proposer à ses 140 millions d’abonnés :
Roma, Alfonso Cuarón
The Ballad of Buster Scruggs, Frères Ethan et Joel Coen
Bird Box, Susanne Bier (avec Sandra Bullock en tête d’affiche)
Il faut savoir que plusieurs films produits par Netflix ont déjà été projetés dans des cinémas indépendants américains mais jusqu’à présent, la société exigeait que leur sortie ait lieu le même jour que leur diffusion sur sa plate-forme (ce qui était inacceptable pour les grandes chaînes de salles de cinéma, qui réclament une fenêtre d’exclusivité de 90 jours).
Ceci pourrait permettre à Netflix de décrocher des récompenses et plus précisément des Oscar en février 2019 (Roma est un prétendant sérieux), ce qui serait une grande première, et donc d’attirer de nouveaux grands noms du cinéma.Ainsi, le géant américain risque de devenir le plus puissant acteur de l’audiovisuel : il domine le marché du très petit écran, rachète de nouveaux studios pour produire davantage de films et arrive dans les salles.
Le marché de la vidéo à l’acte (physique et dématérialisée) poursuit sa décroissance
Le CNC a publié le baromètre CNC-GFK de la vidéo physique pour les 9 premiers mois de 2018. Les chiffres des 9 premiers mois font état d’un repli du chiffre d’affaires des ventes de DVD et de Blu Ray de 13,8%. Cette évolution s’explique par la baisse de 15,6 % des revenus issus de la vente de DVD et par celle de -8,8 % à 84,30 M€ du Blu-ray. De septembre 2017 à septembre 2018, la vente physique a généré 490 millions d’euros.En parallèle, le marché de la VOD est en repli, il est en baisse de 13,5% par rapport à l’année dernière.
Le financement du cinéma repose également sur la capacité à monétiser les films après leur diffusion en salle. La vente à l’acte physique ou dématérialisée font parties de ces moyens. La décroissance de ce marché signifie donc moins d’argent pour le cinéma. D’autant plus que la nouvelle chronologie des médias risque d’impacter encore plus à la baisse ce marché. La chronologie actuelle offre une fenêtre d’exclusivité de 6 mois au DVD avant l’ouverture de la première fenêtre de télévision payante. Avec la nouvelle chronologie telle qu’elle devrait s’appliquer, le DVD va perdre jusqu’à 3 mois d’exclusivité – ce qui risque d’impacter les ventes. Le marché de la VOD risque également d’être impacté, notamment si la fenêtre de diffusion en Replay est étendue : plus longtemps un film sera diffusé en replay, moins il sera attractif en VOD.
La taxe vidéo va rapporter plus
Initialement, cette taxe a été créée en 1993 et s’appliquait sur la vente physique (VHS/DVD). En 2004, la taxe a été élargie aux sites français payants de vidéo à la demande. En 2013, le Parlement français a étendu la taxe aux plateformes de vidéos payantes installées à l’étranger sur leur chiffre d’affaires réalisé en France grâce à leurs abonnés. En 2016, une nouvelle extension a été votée par le Parlement pour toutes les plateformes composées majoritairement de vidéos gratuites, qu’elles soient établies en France ou à l’étranger. Elle porte dans ce cas sur les revenus publicitaires de ces plateformes.Le montant de cette « taxe vidéo » est de 2%, et il est affectée au Centre national du cinéma et de l’image animée pour financer le soutien à la création.Il était prévu que cette taxe rapporte 2 millions d’euros, elle rapportera finalement 7 millions d’euros. Cet écart entre le montant réel et le montant prévu est dû à la forte croissance de Netflix.
C’est la première année que la taxe s’applique à toutes les plateformes de vidéos, payantes ou gratuites, qu’elles soient établies en France ou à l’étranger. On pointe souvent du doigt les plateformes de SVOD pour leur capacité à éviter toute sorte d’impôt et donc de fausser la concurrence, cette fois-ci Bercy semble avoir trouvé une parade pour la première fois. Cette capacité d’imposer tous les acteurs du marché est primordiale car la croissance de la SVOD s’accompagne d’une baisse des ventes physiques. C’est donc, au fond, la question du financement du CNC qui se pose à travers cette taxe.
Collaboration contre les contenus haineux : Facebook va travailler avec l’Etat français
Facebook « accueillera prochainement une délégation de régulateurs français » (composée d’une poignée de fonctionnaires, issus de différentes agences de l’Etat ou ministères, comme l’Arcep ou le ministère de la Justice), qui « auront pour mission, avec les experts » de Facebook de « faire des recommandations sur la lutte contre les contenus haineux et offensifs » et réguler les procédures que doivent mettre en place les réseaux sociaux pour les identifier et les filtrer.
Le groupe d’expert cherchera des idées pour réguler non sur les contenus haineux eux-même, qui sont très difficiles à caractériser légalement, mais plutôt sur les procédures que doivent mettre en place les réseaux sociaux pour les identifier et les filtrer.
Il faut savoir que les discussions sur un code international de bonne conduite sur internet est au point mort depuis 2017 et que aujourd’hui sur Facebook il y a beaucoup de défaillances de leur modération : seulement 9% des propos liés au « harcèlement ou à de l’incitation à la haine envers un genre/orientation sexuelle » ont disparu du réseau social et les « contenus offensants ou haineux » n’ont jamais été supprimés.
Brut se lance en Chine
Après avoir levé 10 millions d’euros en juin, Brut, le média français spécialisé dans les vidéos que les jeunes gens se partagent sur les réseaux sociaux, se lance en Chine.
Sa cible sont les Millenials chinois et ses vidéos seront diffusés sur les plates-formes Toutiao, Weibo, Youku entre autres. Ses vidéos (environ 25 par jour), sont fabriquées par une centaine de personnes à Paris et à New York.
Il faut savoir que la génération de Millennials en Chine représente 400 millions d’habitants, c’est à dire plus que la population en âge de travailler des États-Unis et de l’Europe réunis.
Par Julie De Valmont, Luisa Achury et Arthur Carbonnaux.
27 novembre 2018
[Hors les murs] Les étudiants à Lille pour la Masterclass TV 3.0
Les 5 et 6 novembre, certains de nos étudiants ont eu la chance d’assister à la Masterclass TV 3.0 organisée par Media Faculty à Lille. Cette série de Masterclass avait pour but de répondre à la question suivante : Quels contenus à l’heure de la pluralité des supports ?
Après un voyage mouvementé dont certains se souviendront, ils ont chaleureusement été accueillis parmi les 70 autres participants, par l’équipe du MediaClub dans le superbe cadre du Couvent des Minimes pour cette première journée.
Mathieu Viala a eu la lourde responsabilité d’ouvrir le bal en présentant la société Mediawan dans laquelle il est chargé des Contenus Originaux.
Le séminaire proposait plusieurs ateliers répartis sur les deux jours : des ateliers variés sur les différentes industries de l’images, entre bouleversements et nouveaux acteurs.
Au cours d’interventions très pertinentes, les étudiants ont pu se familiariser avec ces nouveaux types de contenus mais surtout avec leurs enjeux : le podcast, à l’heure du numérique où la vidéo est reine, défendu par Virginie Maire (PDG de Sybel) ou encore la réalité virtuelle et sa production présentée par Antoine Cayrol (producteur chez Atlas V). Nous nous sommes également intéressés au boom des plateformes, en commençant par les plateformes OTT et leur développement à rayonnement international par Frédéric Rossignol (Chief Content Officer chez Alchimie) mais aussi sur les plateformes numériques au service du traitement de l’information et l’exploitation de scoops, une conférence proposé par Alexandre Michelin (fondateur et PDG de Spicee).
D’autres professionnels sont intervenus dans le cadre des nouveaux usages auxquels doivent faire face les industries traditionnelles, comme Jean-Pierre Panzani (directeur marketing au département TV chez Médiamétrie) sur l’évolution du choix des supports pour le visionnage des contenus. Et surtout comment nous pouvons les adapter, les maîtriser et les appliquer notamment avec la blockchain, ajustée à l’univers de la télévision, et qui serait même un espoir pour le futur du médium traditionnel selon Cédric Monnier (CEO d’Ikast.io).
Enfin, deux autres ateliers ont été proposés à propos de la montée en puissance mais surtout aux possibilités qu’offrent les GAFAN selon Rémi Tereszkiewicz (Président de Miluna) ainsi que sur les groupes de presse qui s’improvisent de plus en plus comme de grands acteurs de la production, comme l’expliquait Thomas Leroy (chargé de développement vidéo chez Condé Nast France). Sabri Meddouri (Directeur Expert Vidéo chez Prisma Média), quant à lui, a poussé la réflexion sur la diversification des groupes médias et sur leur avenir dans la publicité.
Le premier jour s’est achevé sur un apéritif dînatoire au Fifi’s Wine Bar, lieu emblématique de la première rencontre et le début d’une grande histoire d’amour entre Emma et Adèle dans La vie d’Adèle : Chapitre 1 et 2 d’Adbellatif Kechiche. C’est donc ce cadre informel, mais aussi lieu emblématique du cinéma français, que les étudiants ont pu échanger avec certains intervenants et autres participants sur leurs parcours respectifs, leurs expériences et autres précisions sur leurs présentations.
Arnaud Maillard, directeur et co-fondateur de Loopsider, a quant à lui clôturé ce séminaire en présentant son entreprise, du stade de projet à la structure même en passant par leur projets d’avenir.
Les étudiants tiennent à remercier chaleureusement l’équipe de la Media Faculty et du MediaClub, mais tout particulièrement Jérôme Chouraqui d’avoir permis, comme chaque année à la promotion de prendre part à cet événement exceptionnel ainsi que Pierre Tubiana pour son accueil et sa disponibilité. Sans oublier tous les intervenants pour leurs présentations éclairantes qui n’ont fait que confirmer leurs aspirations et projets professionnels.
Par Lucie Bernard.
28 novembre 2018
[Rencontre] Matthieu Viala, CEO de Makever

M. Viala est producteur pour la télévision et le cinéma. Il a rejoint Mediawan Originals début 2018.
Tout juste diplômé de l’école Centrale Paris, M. Viala entreprend dans le domaine de la production vidéo en créant MakingProd. Après leurs premiers contrats, son associé (Stephane Drouet) et lui souhaitent développer des séries françaises de haute qualité, à l’image des séries US qui connaissent une véritable explosion au début des années 2000. C’est finalement avec France 2, Arte, Dailymotion et Canal+ qu’ils seront peu à peu amenés à travailler sur le développement de leurs projets, en tant que producteurs délégués.
Forte de plusieurs succès, Makever grandit, se lance dans le digital (avec Finder Studios), et réunit vite en son sein d’autres sociétés de production, à l’image de Scarlett Production, JPG Films, Vema Productions, Love My TV etc. C’est par ces opérations successives que de nombreux producteurs indépendants rejoignent le groupe. Enfin, début 2018, Mediawan en fait l’acquisition, ce qui constitue une véritable aubaine pour le développement international des activités de Makever.
Pendant cette rencontre, nous avons pu aborder avec M. Viala plusieurs concepts relatifs au financement des séries et des sociétés de production. Nous avons également évoqué la distribution internationale des séries et son caractère autant primordial que complexe.
Nous remercions chaleureusement Matthieu Viala et Lorenzo Benedetti d’avoir permis ces échanges très riches autour des enjeux de la production.
Par Chloé Guilhem
29 novembre 2018
[Rencontre] Jens Fischer, Account Manager chez EVS Broadcast Equipment

Vendredi 9 novembre, à l’occasion d’un cours sur l’esport, Catherine Pitard a invité Jens Fischer, Account Manager chez EVS Broadcast Equipment, une entreprise spécialisée dans la fabrication de serveurs utilisés pour enregistrer et traiter des images sur un support informatique.
La mission de l’entreprise est de vendre les solutions proposées par EVS aux différents diffuseurs de grands évènements, comme les Jeux Olympiques par exemple. Leurs outils permettent les ralentis instantanés ou rediffusions instantanées d’images, qui sont aujourd’hui si fréquentes lors des retransmissions sportives.
Avec la démocratisation récente des compétitions d’esport et de leur retransmission, M. Fischer discute avec de nombreuses sociétés issues de l’univers de l’esport. On compte, parmi celles-ci, des entreprises créatrices de jeux vidéos qui diffusent les compétitions qu’elles organisent sur leurs jeux mais aussi des organismes qui mettent en scène des tournois sur différents titres. Il nous a ainsi parlé des différents enjeux qui sous-tendaient le développement de cette nouvelle pratique. Il a aussi été mentionné le retard qu’avaient pour le moment les diffuseurs de ces compétitions pour faire comprendre et séduire un plus large public que celui des connaisseurs du jeu, en comparaison avec les diffuseurs de sport.
Jens Fischer a aussi lancé une discussion portant sur le changement des pratiques de consommation de ce type d’événements. En effet, les spectateurs d’esport sont plus habitués à un visionnage sur des plateformes consacrées à leurs contenus favoris comme Twitch, Youtube ou Facebook.
Pour finir, M. Fischer a insisté sur les opportunités et les métiers créés dans le secteur de l’audiovisuel par l’émergence de cette pratique. Toute la promotion le remercie pour ses judicieux conseils ainsi que l’enthousiasme qu’il a su faire partager.
Par Côme Chatenet
30 novembre 2018
Rentrée Solennelle & Remise de diplômes 2018
Le mercredi 12 décembre avait lieu l’annuelle Rentrée solennelle du master. Elle fut l’occasion, cette année encore, de diplômer les étudiants et VAE de l’année passée. Ce sont vingt-deux diplômes qui ont été attribués ce soir-là par Catherine Pitard et Jérôme Chouraqui.
La soirée s’est ouverte dans l’amphithéâtre de l’INHA, par un discours de Philippe Plagnieux, co-directeur de l’UFR d’Histoire de l’Art & Archéologie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il s’est appliqué à décrire les méandres administratifs que le master a dû parcourir avant de pouvoir officiellement s’appeler Master Digital, Médias et Cinéma. Une décision qui date de cette année et qui marque la fin d’un long périple typologique.
Les deux co-directeurs du master, Nicolas Brigaud-Robert et Stéphane Goudet ont également pris la parole pour réaffirmer leur engagement auprès des étudiants, remercier les nombreux sponsors qui accompagnent la formation, et annoncer la marraine de cette promotion 2018 : la présidente du groupe d’études sur le cinéma et la production audiovisuelle, Aurore Bergé. La députée s’est exprimée sur l’important rôle de la relève dans l’univers de la création et de la culture. La jeunesse constitue l’atout majeur de cette industrie, et c’est sur ses épaules que repose son devenir.
La cérémonie s’est clôturée par la projection du traditionnel film de promotion, puis l’assemblée est allée se rafraîchir auprès du buffet organisé pour l’occasion.
Merci aux professeurs, intervenants et anciens étudiants pour leur implication et joyeux Noël à tous !
Par Héloïse Janeau.
14 décembre 2018
[MOOD2018] Quel avenir pour le son et la radio?
Pour la troisième année consécutive, l’équipe du Mood, composée de Laura Ghebali (Digital BCG Immersion Center Manager) et Alexandre Michelin (Digital Development Officer) et Frédéric Guarino, renouvelle sa collaboration avec le Master 2 Digital, Médias et Cinéma de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Le MOOD est rejoint pour cette 4e saison par Jérôme Chouraqui, fondateur du Media Club. A l’occasion de la première session du Mood 2018, se déroulant au Boston Consulting Group, les étudiants du Master DMC, accompagnés de l’équipe du BCG, ont reçu Albino Pedroia, consultant indépendant du secteur médias radio et télédiffusés, et Virginie Maire, fondatrice de l’application Sybel.
L’objectif de cette session : Comprendre comment le son et la radio ont été disruptés ces dernières années.
A l’heure actuelle, 79,3% de la population des 13 ans et plus écoutent la radio tous les jours, pour une moyenne de 2 heures et 51 minutes par jour et par auditeur, selon Médiamétrie.
Frédéric Guarino a introduit cette session dédiée au son et au podcast en évoquant la dématérialisation de la radio provoquée par la technologie. Le développement d’assistants audio comme Google Home et Alexa contribuent aujourd’hui à créer de nouvelles pratiques autour de l’audio, permettant ainsi à l’audio et la radio de rester des médias jeunes et réactifs.
D’après Albino Pedroia, la radio n’évoluera pas comme a évolué la télévision. Si le direct fonctionne très bien pour la radio, l’écoute en replay demeure encore assez faible, alors même que la technique le permet aisément.
Le spécialiste de la radio et de la télévision est convaincu que la forme et les contenus vont évoluer dans les années à venir. Pour reconquérir un public plus jeune, la radio est dans l’obligation d’évoluer pour s’adapter aux nouvelles pratiques d’utilisation. La radio de service public est d’autant plus confrontée à la problématique de l’innovation, car elle puise ses financements dans les fonds publics.
Virginie Maire est venue présenter son application Sybel, une offre payante de contenus audio. Des fictions, des documentaires, des séries audio et des créations originales font partie du catalogue proposé. D’après sa fondatrice, Sybel ne s’apparente pas à une radio, mais plutôt à une expérience immersive. Elle permet à l’utilisateur, de plus en plus multitâches, d’écouter une pluralité de contenus tout en étant mobile. Les contenus proposés sont adaptés aux adultes, mais fonctionnent également auprès des enfants. Cette alternative aux vidéos leur permet de développer leur imaginaire et leur vocabulaire. Virginie Maire affirme que de plus en plus de producteurs et de podcasteurs indépendants se lancent sur le format audio, créant ainsi une véritable “richesse de contenus”.
Albino Pedroia constate l’essor remarquable des podcasts et pense que le principal challenge de l’application Sybel réside dans la qualité des contenus proposés, pour que les utilisateurs soient prêts à mettre la main à la poche. Selon lui, toutes les conditions sont réunies pour assurer le succès des contenus audio payants en Europe, tout comme cela a été le cas pour le bouquet américain de radios Sirius, aujourd’hui prospère outre-Atlantique. D’après Virginie Maire, son offre diffère fondamentalement de YouTube, dans la mesure où la plateforme n’est pas dédiée aux contenus de fiction sonore.
Les modèles économiques les plus répandus pour les contenus audio sont soit le financement par la publicité, soit le paiement par abonnement, précise Albino Pedroia. Il évoque le fait qu’aujourd’hui, de nombreux podcasts gratuits et non fictionnels n’ont pas encore trouvé de modèle économique leur permettant de financer les contenus qu’ils produisent. De son côté, Virginie Maire souligne le problème de la dépendance aux plateformes. En effet, les annonceurs privilégient la diffusion linéaire, avec de vraies audiences consolidées, plutôt que les podcasts, dont on peine à mesurer l’audience.
La radio est donc loin d’être dépassée. Pour proposer des contenus innovants adaptés aux nouveaux modes de consommation des auditeurs, elle doit pouvoir se réinventer et affirmer sa plus-value en encourageant les contenus créatifs mêlant son, musique et interventions parlées.
Par Laura Dellapasqua et Amélia Dreystadt
La radio vue d’Amérique du Nord, du drive time au podcast audio du NY Times
par Frédéric Guarino
La radio en Amérique du Nord reste un média marqué par le “drive time” du matin et de l’après midi. Ces heures de transport, surtout automobile, sont le “prime time” américain de la radio et les formats les plus populaires sont la “talk radio”, copiés en France par RMC et Sud Radio.
Le marché américain se divise entre les réseaux radio privés historiques et la radio satellite Sirius-XM (2 concurrents qui ont fusionné en 2007), celui du Canada est plus équilibré entre un radio diffuseur public, CBC-Radio Canada, et des acteurs privés.

Le podcast rajeunit, dématérialise et disrupte le média radio en permettant aux autres médias d’investir l’audio. C’est ainsi que le podcast The Daily, produit par un journal papier, le New York Times, arrive régulièrement en têtedes classements de popularité.
Le média radio a une forte résilience sur le marché nord américain, surtout chez les plus jeunes générations. Deloitte, dans son dernier rapport 2018 sur les médias, prévoit même que “radio will continue to perform relatively well with younger demographics. In the United States, for example, we expect that more than 90 percent of 18–34-year-olds will listen to radio at least weekly in 2019, and they will listen to radio for an average of more than 80 minutes a day. In contrast, TV viewing among 18–34-year-olds in the United States is falling at three times the rate of radio listening (figure 1). At current rates of decline, in fact, American 18–34-year-olds will likely spend more time listening to radio than watching traditional TV by 2025!”

La radio a donc de beaux jours devant elle !
Retrouvez l’article et le podcast de la session sur Medium : https://medium.com/mood2018-4e-saison/quel-avenir-pour-le-son-et-la-radio-c6a4291b67e0
18 décembre 2018
[Rencontre] Antoine Cayrol, cofondateur et coproducteur chez Atlas V

Jeudi 6 décembre, les étudiants ont eu la chance d’accueillir le cofondateur et coproducteur chez Atlas V, Antoine Cayrol, dans le cadre du cours de Lorenzo Benedetti.
Après un Master 2 en droit des médias, Antoine Cayrol est bien déterminé à réaliser des projets cinématographiques et en particulier dans les nouvelles écritures aux côtés du réalisateur Pierre Zandrowicz. Avec ce dernier, il fonde sa première société FatCat Films, spécialisée dans le contenu interactif et immersif pour le web (films, publicités, clips…).
Antoine Cayrol, toujours accompagné par Pierre Zandrowicz, crée également le studio Okio qui produira notamment le film I Philip, l’interview d’un double robotique de l’écrivain Philip K.Dick. Ce film, sorti en 2016, a participé à la reconnaissance de la réalité virtuelle.
L’année suivante, les deux collaborateurs décident d’embarquer pour une nouvelle aventure en compagnie d’Arnaud Colinart (producteur chez Agat Films Ex Nihilo) et Fred Volhuer (expert du financement et du marketing basé à New-York) en fondant Atlas V. Toujours spécialisé dans la réalité virtuelle, cette société de production a su tirer son épingle du jeu puisqu’elle a été nommée à plusieurs reprises à la prestigieuse Mostra de Venise où le film Sphères (Eliza McNitt) a reçu le prix de la meilleure oeuvre immersive.
Durant son intervention, Antoine Cayrol a également présenté les rouages d’un domaine en pleine expansion qui reste bien différent du cinéma, de l’écriture à la diffusion en passant par la réalisation. Le maître mot d’Atlas V est : story living. Contrairement aux médias traditionnels, le spectateur doit incarner l’expérience. Pour cela, l’écriture doit prendre en compte différents facteurs comme l’incapacité du mouvement, la possibilité d’explorer l’univers à 360 etc. Quant à la production, elle est en partie financée par des partenaires traditionnels décelant l’immense potentiel de cette industrie tels que le CNC ou Pictanovo.
Les étudiants tiennent à remercier Antoine Cayrol pour son intervention passionnée (et passionnante) sur cette industrie en plein essor ainsi que Lorenzo Benedetti pour avoir permis cet échange.
Par Lucie Bernard
8 janvier 2019
[Rencontre] Pierre Abouchalha, directeur général d’Ecran Total
Vendredi 15 Février les étudiants du Master ont reçu Pierre Abouchalha, invité par M. Cyril Barthet.M. Abouchalha nous a parlé des origines d’Ecran Total, de ses évolutions mais aussi des problématiques inhérentes au secteur du journalisme spécialisé. Diplômé d’une école de commerce parisienne (EDC) et ayant passé plus de 3 ans au sein de la rédaction du prestigieux Financial Times, il s’est ensuite investi corps et âme dans la reprise d’Ecran Total. Grâce à une petite équipe de journalistes dynamiques, la revue est rapidement devenue une référence pour toute l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel. La qualité et l’indépendance de la revue sont fortement liées à son modèle économique, basé sur le tout payant.
Un grand merci à Monsieur Abouchalha de nous avoir fait entrer dans les coulisses de la rédaction !
Par Chloé Guilhem.
12 mars 2019
